Violences urbaines : Gérald Darmanin peut-il « prévenir tous les employeurs que leur salarié a pillé » ?
Auteurs : Jean-Baptiste Thierry, professeur de droit pénal à l’université de Lorraine
Pascal Caillaud, chargé de recherche CNRS en droit social à l’université de Nantes
Relecteurs : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’université Paris-Saclay
Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Source : BFMTV, 23 octobre 2026
Le garde des Sceaux veut que les procureurs préviennent les employeurs de salariés impliqués dans les pillages. Mais le code de procédure pénale ne le permet que pour certains employeurs, essentiellement publics. Dans le privé, des faits relevant de la vie personnelle justifient rarement un licenciement.
En réponse aux violences survenues en marge des manifestations, Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, a récemment annoncé qu’il adresserait ou avait adressé aux procureurs de la République une circulaire (introuvable à ce jour) pour prévenir les employeurs que l’un de leurs salariés est impliqué lors des pillages. L’utilité d’une telle mesure n’est pas évidente et serait en tout état de cause limitée.
Concilier l’information, le secret de l’enquête et la présomption d’innocence
Pour comprendre, il faut d’abord rappeler une chose importante. Quand une personne fait l’objet d’investigations, elle est présumée innocente. Ceci signifie que c’est à l’accusation — le ministère public — de rapporter la preuve de la culpabilité et que celle-ci est appréciée par un juge à l’issue d’un procès.
Pour protéger cette présomption d’innocence et permettre une bonne administration de la justice, l’article 11 du code de procédure pénale...
