Violences urbaines : l’état d’urgence pourrait-il être déclaré ?
Auteur : Vincent Couronne, chercheur en droit public au laboratoire Versailles Institutions Publiques, enseignant en droit à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye et à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Relecteurs : Clément Bénelbaz, maître de conférences HDR en droit public à l’université Savoie Mont-Blanc
Sacha Sydoryk, maître de conférences en droit public à l’université Picardie-Jules-Verne
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Source : compte X de Bruno Retailleau, le 18 octobre 2026
Après les pillages et les dégradations qui ont suivi la mobilisation contre la vie chère du 17 octobre, le candidat du parti Les Républicains à l’élection présidentielle, Bruno Retailleau, réclame l’état d’urgence, ce que le gouvernement n’exclut pas. Le régime de 1955 pourrait être déclenché, sans certitude à ce stade sur sa légalité, mais un certain nombre de mesures brandies, couvre-feux en tête, sont déjà possibles sans lui.
Deux jours après la mobilisation du 17 octobre, marquée par des pillages et des incendies à Paris, Bordeaux, Lyon, Marseille, Lille, Limoges ou Rouen, le débat s’est déplacé sur le terrain juridique. Dimanche 18 octobre, Bruno Retailleau, président des Républicains et candidat à l’élection présidentielle, a demandé au président de la République de réunir « sans délai » le Conseil des ministres pour déclarer l’état d’urgence, « comme cela a été fait en 2005 » lors des émeutes dans les banlieues, estimant que « les moyens ordinaires ne suffisent plus ».
Lundi 19 octobre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé aux préfets de déclencher des couvre-feux « partiels » et « localisés », sans exclure l’état d’urgence « si c’est nécessaire », tout en le jugeant moins adapté à ce stade.
Ce que dit la loi de 1955
L’article
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