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Capture d'écran Facebook

Violences urbaines du 17 octobre : cette image d’une librairie intacte au milieu de magasins pillés est fausse

Création : 30 octobre 2026

Auteur : Nicolas Kirilowits, journaliste

Relectrice : Maylis Ygrand, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste

Source : Compte Facebook, le 22 octobre 2026

Alors que les commerces autour de lui sont pillés, une vidéo montre un libraire en train de boire calmement un café devant son magasin ouvert. Un contraste étonnant qui est en réalité trompeur, puisque ces images ont été générées avec l’intelligence artificielle.

L’image diffusée sur Facebook est saisissante lorsque l’on connaît l’ampleur des dégâts qui ont touché les commerces, en marge des manifestations, le 17 octobre dernier. Paisiblement assis sur une chaise en train de lire, un homme boit un café devant une librairie. Posé à côté de lui, un écriteau indique succinctement en anglais : « Bienvenue, ouvert ». En arrière-plan, on devine à l’état d’une vitrine voisine et aux débris qui jonchent le sol de possibles traces de pillage.

L’homme en question est présenté par les publications comme « un libraire français ». « Alors que de nombreux commerces ont été pillés lors des manifestations en France, sa librairie a été épargnée : aucun livre n’a été volé. », est-il précisé en description.

« Ceux qui lisent ne volent pas, et les voleurs ne volent pas », peut-on également lire sur l’image relayée, une manière, semblerait-il, de mépriser les personnes qui ont participé aux actes de pillage le 17 octobre.

Mais cette image est fausse et a, en réalité, été générée au moyen d’une intelligence artificielle, comme l’ont également débunkée nos confrères de TF1.

Une image tirée d’une vidéo IA

Une recherche d’image inversée a permis aux Surligneurs de retrouver l’origine de cette image. Elle est issue d’une vidéo publiée sur les comptes Facebook et Instagram d’un dénommé Hkaiguy.

Dans la séquence qui dure près d’une quinzaine de secondes, on retrouve le même décor et la même personne assise devant la librairie. Celle-ci explique que son établissement n’est pas pillé parce qu’ « à notre époque, plus personne ne s’intéresse aux livres ».

Or, sur les deux plateformes, le contenu est estampillé comme un « contenu IA ». Sur ses réseaux, Hkaiguy se présente d’ailleurs comme « le gars des mèmes IA de Hong Kong ». Pour rappel, le Larousse définit un mème comme un « concept (texte, image, vidéo) massivement repris, décliné et détourné sur Internet de manière souvent parodique, qui se répand très vite, créant ainsi le buzz ». Et, dans le cas présent, ces contenus ont donc été générés par l’intelligence artificielle.

Aussi, contrairement à ce qu’affirment les publications, les libraires n’ont pas été épargnés par les actes de pillage survenus le 17 octobre.

En effet, quatre jours après les événements, le Syndicat de la librairie française (SLF) annonçait lancer « un recensement des librairies impactées par les violences urbaines en marge des manifestations ». Dans un article, mis à jour le 27 octobre, le site spécialisé Livres Hebdo évoquait « au moins 24 librairies touchées à travers toute la France par les violences urbaines des 17 et 18 octobre », à la suite d’un bilan provisoire du SLF.