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Un commerce Hermès vandalisé à Marseille, le 17 octobre 2026, en marge du mouvement social. Photo : Thibaud Moritz / AFP

Mobilisation du 17 octobre : rien ne prouve que des commerces détenus par des juifs ont été volontairement ciblés à Marseille

Création : 22 octobre 2026

Auteur : Nicolas Kirilowitz, journaliste

Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste

Source : Paul Amar, le 18 octobre 2026, sur CNews

Les déclarations d’un intervenant de CNews qui affirmait que, dans une rue de Marseille, « tous les commerces détenus par des juifs ont été incendiés », ont été largement relayées sur les réseaux sociaux. Cette allégation, qui suggère une motivation antisémite, a été démentie par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône et le Consistoire israélite de Marseille.

A Marseille, comme dans beaucoup d’autres villes en France, les événements survenus le 17 octobre ont eu un impact lourd sur le commerce local. « Plus de 600 commerces du centre-ville ont été vandalisés », avance ICI Provence-Alpes-Côte d’Azur, sur la base d’un bilan de la chambre de commerce et d’industrie Aix-Marseille-Provence.

Un chiffre important qui masquerait un phénomène inquiétant : le mobile antisémite de certaines dégradations, rapporté dans plusieurs publications sur Facebook. En effet, nombre d’entre elles ont relayé les propos tenus par le journaliste Paul Amar sur CNews, le dimanche 18 octobre, au lendemain des événements.

Dans l’émission « 100% Actu », celui-ci affirme (à partir de 33 minutes et 57 secondes) que les casseurs « avaient les adresses de pas mal de commerçants juifs. Dans une rue de Marseille […] tous les commerces détenus par des juifs ont été incendiés. Les commerces détenus par les musulmans ne l’ont pas été ».

Une information grave, puisqu’elle lie les actes de vandalisme à la religion des victimes. Le présentateur de l’émission, Julien Pasquet, tempère ces propos dans la foulée, en précisant que « les faits ne sont pas sourcés ».

Plusieurs internautes n’ont pas jugé utile de faire preuve de cette même modération en repartageant massivement les propos de Paul Amar. Sur X, un post reprenant sa déclaration a été vu plus de cinq millions de fois.

Dès lors, une question se pose : l’antisémitisme a-t-il orienté les pillages à Marseille le 17 octobre ? Absolument pas, d’après les informations collectées par Les Surligneurs.

Plusieurs démentis

« Les pillages qui ont eu lieu n’ont, à cette heure, pas de lien avec les croyances religieuses. Les commerces ont été attaqués sans distinction particulière », nous a assuré notamment la préfecture de police des Bouches-du-Rhône.

« Nous n’avons pu en aucun cas constater que des commerces juifs avaient été ciblés », nous a indiqué pour sa part le Consistoire israélite de Marseille, une des institutions représentatives de la communauté juive de la deuxième ville de France.

Interrogé à cet égard par Radio J, Bruno Benjamin, le président de l’antenne locale du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), a déclaré que « tous les commerces ont été touchés, qu’ils soient juifs ou musulmans ».

« A Marseille, lors des manifestations du 17 octobre, plusieurs commerces ont été dégradés, dont certains tenus par des personnes de confession juive. Aucun élément ne permet d’établir un ciblage lié à la confession de leurs exploitants », peut-on également lire sur le compte Facebook du Service de protection de la communauté juive (SPCJ).

Aussi, comme l’a relevé le site américain spécialisé dans l’analyse de l’information, News Guard, une commerçante de Marseille a témoigné auprès de RMC du pillage de son magasin. Or, durant son passage à l’antenne, cette dernière a indiqué qu’elle était « de confession musulmane ».

Autant de témoignages qui, à ce stade, invalident la thèse de pillages liés à la confession des commerçants de Marseille.