Valérie Pécresse peut-elle exiger 100 000 euros du maire de Saint-Denis pour réparer le portail d’un lycée ?
Auteur : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’université Paris-Saclay
Relecteur : Franck Waserman, professeur de droit public à l’université Littoral Côte d’Opale
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Source : Compte X de Valérie Pécresse, 29 septembre 2026
Valérie Pécresse entend passer une facture de 100 000 euros au maire de Saint-Denis (93), en raison du remplacement du portail du lycée Paul Eluard de la même ville détruit lors de manifestations lycéennes. Motif invoqué : le maire de Saint-Denis juge la violence légitime et encourage les saccages.
Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et donc en charge des lycées, en veut à Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, qu’elle accuse d’avoir, avec son parti LFI, « chauffé à blanc » « les casseurs », et de « juger la violence légitime ». Elle lui réclame « 100 000 € de frais de remplacement du portail du lycée Paul Éluard, frais de gardiennage et de nettoyage du site ». Soyons clairs, c’est de la communication politique et Valérie Pécresse elle-même ne doit probablement pas y croire juridiquement (elle fut un temps conseillère d’État !).
En théorie, une région qui subit un dommage matériel en raison d’une commune peut obtenir réparation, soit à l’amiable, soit en émettant à l’encontre de la commune ce qu’on appelle un « titre exécutoire » (c’est-à-dire un acte administratif qui rend celui qui le reçoit automatiquement débiteur de l’administration), que la commune pourra contester devant le
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