Libération de Cécile Kohler et Jacques Paris : peut-on négocier la libération d’otages avec un juge ?
Auteur : Jean-Basptiste Thierry, professeur de droit pénal à l’Université de Lorraine
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste
La libération de Cécile Kohler et Jacques Paris, présentée comme le résultat d’un échange avec une personne condamnée pour terrorisme, interroge. Le pouvoir exécutif a-t-il pesé sur la justice ? Derrière cette séquence, se joue en réalité une articulation plus complexe entre décisions judiciaires et mesures administratives.
Un deal dans le dos de la justice française ? Dans son édition du 8 avril 2026, le journal Le Monde rapporte que la libération de Cécile Kohler et Jacques Paris aurait été obtenue en échange de la citoyenne iranienne Mahdieh Esfandiari.
Or, cette dernière a été condamnée à quatre ans d’emprisonnement par le tribunal correctionnel de Paris pour provocation au terrorisme, avant d’être assignée à résidence. Cette assignation ayant été levée, elle a finalement été reconduite en Iran, lui permettant, sans doute, de ne pas se présenter à son deuxième procès.
Dès lors, une question se pose : le Quai d’Orsay a-t-il pesé sur les juridictions judiciaires pour obtenir la remise en liberté d’une personne condamnée ? Autrement dit, la séparation des pouvoirs a-t-elle été mise à mal ? Non : il s’agit en réalité de mesures de nature différente.
Une même mesure, des justifications différentes
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