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Un rassemblement de manifestants contre la vie chère, le 17 octobre, à Pau. Photo : Noémie Gadrat / Domaine public

Des fusils automatiques ont-ils été retrouvés entre les mains de manifestants le 17 octobre ?

Création : 26 octobre 2026

Auteur : Jean-Baptiste Breen, journaliste

Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste

Source : Compte X, le 18 octobre 2026

Des participants aux violences urbaines du 17 octobre auraient été retrouvés en possession d’armes de guerre, selon des propos relayés par CNews, citant la direction générale de la sécurité intérieure. Les services de renseignements ont immédiatement démenti cette rumeur, poussant la journaliste à l’origine de cette infox à s’excuser.

Des groupes armés jusqu’aux dents auraient-ils sévi le 17 octobre ? Au cours des violences survenues lors des importantes manifestations contre la vie chère, des « kalachnikovs et des pistolets-mitrailleurs Scorpion ont été retrouvés parmi les mains d’émeutiers présentés comme proches de la mouvance islamiste », rapporte la journaliste du Journal du Dimanche (JDD) Lara Tchekov, sur le plateau de CNews, dimanche 18 octobre. « Des individus ont été repérés à Paris, en région parisienne, également à Marseille et à Lyon », poursuit-elle, citant une source de choix : la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Relayée par Lara Tchekov sur son compte X, l’affirmation, vue plusieurs centaines de milliers de fois, fait rapidement le tour des réseaux sociaux, reprise par de nombreux internautes (ici, ici ou encore là). Seul bémol, la DGSI a formellement réfuté, à plusieurs reprises, les dires de la journaliste – qui a, depuis, présenté ses excuses.

« Mon erreur a été de ne pas vérifier ces informations »

Interrogée dès le lendemain au sujet de ces prétendues révélations, la DGSI dément catégoriquement auprès du Monde et de Libération. « C’est complètement faux. Le fond est faux et la source, la DGSI, ne s’est pas du tout prononcée sur le sujet. La DGSI dément complètement cette information », insistent les services de renseignements auprès de nos confrères de CheckNews.

Le lendemain, c’est au tour de la rédaction de CNews de prendre ses distances avec les dires de Lara Tchekov. « La rédaction de CNews n’a jamais été informée de ce genre de choses et la DGSI a d’ailleurs démenti les choses. Elle a tout simplement démenti formellement la véracité de ces propos », insiste le journaliste de la chaîne, Tanguy Hamon. Lors de son passage à l’antenne, deux jours plus tôt, Lara Tchekov n’avait pas été remise en question et ses propos n’avaient fait l’objet d’aucune vérification en direct.

Malgré ce rétropédalage de CNews, la journaliste du JDD continue de défendre sa version dans un post sur X, mais tient à « apporter des nuances ». « Ces informations dont je maintiens la véracité ne m’ont pas été transmises par le biais d’une communication officielle de la DGSI, mais par des sources concordantes au sein du renseignement », explique-t-elle, sans pour autant que cette précision n’ait été faite, deux jours plus tôt. « Mes excuses pour cette approximation », conclut-elle.

La veille, elle avait affirmé « détenir des photos » de ce qu’elle avançait à Libération.

Néanmoins, jeudi 22 octobre, Lara Tchekov est de retour sur le plateau de CNews, dans l’Heure des Pros… cette fois pour une « mise au point ». Au micro, elle reconnaît de nouveau avoir « obtenu des informations qui ne venaient pas de la direction de la DGSI ». S’ensuit un bref mea culpa : « Mon erreur a été de ne pas vérifier ces informations auprès de la direction de la DGSI. »

Autrement dit, la véracité de l’affirmation initiale de Lara Tcheckov n’avait jamais été établie avant d’être diffusée et a depuis été officiellement démentie par la DGSI.