Péter Magyar s’est-il rendu coupable d’actes barbares sur ses enfants et un chien ?
Autrice : Maïwenn Furic, journaliste
Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
Source : Compte Facebook, le 7 avril 2026
Sur les réseaux sociaux, plusieurs publications assurent que le nouveau Premier ministre hongrois aurait commis des atrocités : acte barbare sur un animal, violences sexuelles sur ses enfants… S’il est accusé par son ex-femme de l’avoir frappée, rien ne permet aujourd’hui de donner du crédit aux autres rumeurs le concernant.
Dans les jours qui ont précédé son élection à la tête de la Hongrie, Péter Magyar a été visé par de sordides accusations sur les réseaux sociaux. « Sa femme dénonce le monstre qu’est Péter Magyar qu’Ursula Von der leyen et sa clique de corrompus veulent placer à la tête de la Hongrie », écrivaient des internautes sur Facebook, quelques jours avant que le conservateur ne triomphe du Premier ministre sortant, Viktor Orbán, lors des élections législatives du 12 avril 2026.
Selon ces publications, auxquelles est jointe une vidéo explicative de l’affaire, l’homme aurait « cuisiné le chiot de la famille vivant au micro-ondes », et sous leurs yeux. Les posts prétendent également qu’il « s’est masturbé complètement nu devant les enfants ».
La prétendue source de ces informations ? Son ex-femme, l’ancienne ministre de la Justice hongroise Judit Varga. Sur la vidéo, on peut voir la couverture d’un livre titré « 16 ans avec le monstre », illustré par un photomontage du couple, et dont seraient tirées les révélations. La voix robotique qui habille les images assure que son ex-femme, Judit Varga, aurait ainsi révélé qu’il serait l’auteur de violences conjugales et d’agressions sexuelles envers ses enfants.
Un livre qui n’existe pas
Ces accusations ne se sont pas arrêtées à la simple sphère des réseaux sociaux. Le 14 avril, Jaroslaw Kaczynski, un allié de longue date de Viktor Orbán, a affirmé que Péter Magyar aurait commis « des actes innommables dans sa vie privée », dont le fait d’avoir « cuit un chiot » et « infligé des violences conjugales à sa femme ». Mais qu’en est-il vraiment ?
Après plusieurs recherches, on ne retrouve aucune trace de ce livre dans lequel l’ex-femme de Péter Magyar ferait ces révélations. Judit Varga a d’ailleurs affirmé à l’AFP Hongrie qu’elle n’avait jamais publié un tel témoignage : « Je confirme que je n’ai écrit aucun livre autobiographique ; quiconque affirme le contraire usurpe mon nom. »
Et contrairement à ce qu’affirme la vidéo, on ne retrouve aucune occurrence de ce livre dans le débat public. Un tel scandale, révélé à quelques jours d’une élection aussi cruciale pour les Hongrois, ne serait pas passé inaperçu dans les médias, tant il aurait pu coûter la victoire au parti de Péter Magyar.
Des accusations de son ex-femme en 2024
En revanche, son ex-femme l’a bien accusé de mauvais traitements verbaux et physiques en 2024, dans une publication sur Facebook, comme le rapporte le média de vérification espagnol Maldita. « Il nous a déjà terrorisé par le passé et il n’a toujours pas arrêté. Et il continue ses petits jeux », écrivait-elle dans cette publication qui faisait suite à un enregistrement réalisé à son insu par Péter Magyar et rendu public.
Elle y racontait avoir été victime de violences, notamment de coups de livres et de ceintures. Elle assurait également que l’enregistrement diffusé avait été fait par son ex-mari dans le but de la menacer, lorsqu’elle lui a annoncé qu’elle souhaitait demander le divorce. Le nouveau Premier ministre hongrois a systématiquement rejeté ces accusations.
Des manœuvres russes
La campagne pour les élections législatives hongroises a été très suivie à l’international tant elle revêtait un enjeu particulier : poursuivre dans la ligne de Viktor Orbán et donc s’éloigner de l’Union européenne, ou voter pour le changement et renouer les liens avec l’UE.
Un enjeu clé qui a suscité des manœuvres visant à influencer l’opinion. Selon un rapport de l’‘Institute for Strategic Dialogue, des opérations de désinformation conformes aux objectifs de la Russie ont ciblé les élections hongroises. « Des campagnes de grande envergure et de longue durée visant l’opposition en Hongrie, en particulier le Parti Tisza et ses dirigeants » ont été menées, affirme l’institut.
