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Photo : capture d'écran X.

Non, cette vidéo ne montre pas des migrants arriver en Hongrie après la défaite d’Orbán

Création : 20 avril 2026

Autrice : Clara Robert-Motta, journaliste

Relecteur : Etienne Merle, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste

Source : Compte Facebook, le 13 avril 2026

Une vidéo montrant l’île de Lampedusa en 2023 est utilisée pour illustrer une supposée vague migratoire en Hongrie alors que le nationaliste, Viktor Orbán, vient de perdre les élections législatives.

Durant la campagne des élections législatives en Hongrie du 12 avril 2026, le sujet de la migration avait été relégué au second plan, alors que la corruption, l’opposition à l’Union européenne et l’implication dans la guerre en Ukraine s’étaient imposées. 

Ceci dit, Viktor Orbán, premier ministre depuis seize ans, avait fait de sa position anti-immigration une pierre angulaire de ses mandats. À peine sa défaite contre Péter Magyar annoncée, une publication virale sur Facebook s’est précipitée pour illustrer une prétendue conséquence de cette chute.

« Viktor Orbán tombe, et des relents de multiculturalité africaine (sic) arrivent déjà à Budapest. Les Hongrois vont halluciner », assure une publication aux dizaines de milliers de vues. La vidéo jointe à la celle-ci montre une foule d’hommes et de femmes noirs qui se pressent contre une barrière au devant de laquelle se tiennent des hommes en uniforme armés d’un bouclier et qui les repoussent. 

Cette vidéo n’a strictement rien à voir avec la défaite de Viktor Orbán ou bien même la Hongrie; elle a été prise dans une île italienne en 2023. 

Lampedusa en septembre 2023

Grâce à une recherche d’images inversée, il est possible de retrouver la première occurrence de cette vidéo sur Internet, comme l’a aussi fait Maldita. Le 16 septembre 2023, la journaliste de France 24, Charlotte Boitiaux, publie cette vidéo sur X avec cette description : « À #Lampedusa, les transferts de migrants vers le continent se font sous grandes tensions au hotspot. Tout le monde veut monter dans les bus. Les carabinieri tentent de contenir la foule en colère. »

À cette époque, l’île italienne située à 150 kilomètres des côtes africaines faisait face à une situation de tension extrême. « La petite île de 7 000 habitants a accueilli, mercredi 13 septembre, jusqu’à 6 800 personnes, majoritairement originaires d’Afrique subsaharienne et arrivées de la Tunisie voisine à bord d’embarcations de fortune », écrivaient les correspondants du journal Le Monde. Le centre d’accueil de la Croix-Rouge avait été débordé, les policiers tentant de maintenir l’ordre. 

Péter Magyar, une ligne très stricte sur l’immigration

Cet épisode, symbole des tensions migratoires en Europe, n’a donc rien à voir avec la défaite de Viktor Orbán. De plus, contrairement à ce que laisse entendre cette publication, la ligne politique du candidat élu, Péter Magyar, ne se désolidarise pas de ce que faisait son prédécesseur – dont le gouvernement avait été frappé d’une amende d’un million d’euros par jour pour ne pas avoir respecté la directive asile de l’Union européenne.