Non, la Somalie n’a pas fermé le détroit de Bab el-Mandeb aux navires israéliens
Auteur : Nicolas Turcev, journaliste
Relectrice : Maylis Ygrand, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
Source : Compte Facebook, le 23 avril 2026
Le pays africain a seulement menacé Tel-Aviv de lui couper cette voie maritime cruciale qui donne accès au canal de Suez. Mogadiscio reproche au pays hébreu d’avoir reconnu la légitimité du Somaliland et d’y avoir nommé un ambassadeur.
La Somalie ne décolère pas depuis la nomination par Israël, le 15 avril 2026, d’un ambassadeur au Somaliland. Le pays hébreu est devenu en décembre 2025 le seul État à reconnaître la légitimité de cette république autoproclamée indépendante de 6 millions d’habitants située en bordure du golfe d’Aden, à l’entrée de la mer Rouge. Pour le reste de la communauté internationale, il s’agit d’une région appartenant à la Somalie.
D’après plusieurs internautes, la création d’une représentation diplomatique officielle israélienne au Somaliland a conduit la Somalie à prendre une sévère contre-mesure : le blocage des navires israéliens à l’entrée du détroit de Bab el-Mandeb. Situé à l’entrée sud de la mer Rouge, bordé par le Yémen à l’est et la Somalie et Djibouti à l’ouest, ce point de passage maritime est crucial pour les navires qui transitent par le canal de Suez, a fortiori depuis le blocage par l’Iran du détroit d’Ormuz.
Une menace pas encore mise à exécution
Mais comme le Somali Guardian l’a déjà débunké, la Somalie n’a pas fermé le détroit de Bab el-Mandeb aux navires israéliens. Elle a seulement menacé de le faire. Le 17 avril, deux jours après l’annonce d’Israël, l’ambassadeur de Somalie en Éthiopie et représentant permanent de son pays au sein de l’Union africaine, Abdullahi Warfa, a déclaré sur X que « tout pays qui interfère dans les affaires internes de la Somalie et qui compromet son intégrité territoriale en subira les conséquences, ce qui inclut une potentielle restriction de l’accès au détroit de Bab el-Mandeb ». Une allusion à peine voilée à la mesure prise par Tel-Aviv.
Mais depuis cette déclaration, le gouvernement somalien n’a fait aucune annonce officielle sur ses principaux canaux de communication (1, 2, 3) confirmant la fermeture du détroit pour les navires israéliens. Cette information n’a pas plus été confirmée par la presse locale ou internationale. Il ne s’agit donc pour l’heure que d’une menace proférée par un diplomate, sans application concrète.
