Mort de Quentin Deranque : est-il légal d’afficher le portrait du militant identitaire sur l’hôtel de la région Auvergne-Rhône-Alpes ?
Auteur : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay
Relecteurs : Vincent Doebelin, maître de conférences en droit public, docteur à l’Université de Haute-Alsace
Clément Benelbaz, maître de conférences HDR en droit public à l’Université Savoie-Mont-Blanc
Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste
Source : Actu.fr le 21 février 2026
L’affichage du portrait de Quentin Deranque sur l’hôtel de région Auvergne-Rhône-Alpes interroge la légalité d’un tel hommage au regard du principe de neutralité des services publics. Derrière la polémique politique, une question se pose : un bâtiment public peut-il devenir le support d’un message à portée militante ?
L’affichage du portrait du militant identitaire Quentin Deranque, tué par des militants d’extrême gauche, sur la façade de l’hôtel de région Auvergne-Rhône-Alpes, soulève inévitablement la question de sa légalité, sur fond de polémiques entre personnalités politiques, notamment de la part de Jean-Michel Aulas, qui entend ravir la mairie de Lyon à son actuel maire Grégory Doucet.
À première vue, on pourrait convoquer toute la jurisprudence relative aux drapeaux palestiniens ou israéliens, aux banderoles jaunes soutenant les gilets de la même couleur, les banderoles marquant une opposition à la réforme des retraites, etc …, pour en conclure que cet affichage est illégal pour violation du principe de neutralité des bâtiments publics.
En effet, ce sont autant de prises de positions politiques sur les frontons des mairies que le juge a systématiquement censurées lorsqu’elles ne correspondaient pas
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