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L'interdiction de cumul de l'AAH et de l'ASS pourrait affecter le quotidien d'environ 15 000 personnes, selon APF France handicap. Photo : dreamcaredirectionAU/ Licence Pixabay

Les adultes handicapés vont-ils perdre une aide versée par la Caf ?

Création : 16 octobre 2026

Autrice : Delphine Schiltz, journaliste

Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Delphine Schiltz, journaliste

Source : Compte Facebook, le 12 octobre 2026

Au 1ᵉʳ janvier 2027, les allocataires cumulant l’AAH et l’ASS ne pourront plus percevoir cette dernière. Cette aide versée par France Travail ne leur sera plus accessible. Mais ce changement n’affecte pas le versement de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) géré par la Caf.

C’est un changement majeur pour certains allocataires de l’AAH, l’allocation aux adultes handicapés. Au 1ᵉʳ janvier 2027, il ne leur sera plus possible de cumuler cette aide avec l’ASS, l’allocation de solidarité spécifique.

« Aucun dispositif d’information spécifique des bénéficiaires concernés ne semble mis en œuvre », a déploré APF France handicap dans un courrier du 27 août 2026 adressé au directeur général de la cohésion sociale (DGCS). Autrement dit, les Français concernés – environ 15 000 selon l’association – pourraient ne pas être au courant qu’ils vont perdre des ressources au 1ᵉʳ janvier 2027.

Lesquelles précisément ? Sur les réseaux sociaux, plusieurs publications affirment de façon erronée que « des milliers de bénéficiaires vont perdre une aide de la Caf ». En réalité, les concernés vont perdre le bénéfice de l’ASS, aide versée par France Travail. Le versement de l’AAH par la Caf n’est, lui, pas affecté.

AAH et ASS : deux logiques différentes

Comme le rappelle le média spécialisé Handicap.fr, « l’AAH et l’ASS répondent à deux logiques différentes. L’AAH, versée par la Caf, vise à garantir un revenu minimal aux personnes en situation de handicap disposant de faibles ressources. Son attribution dépend notamment du taux d’incapacité reconnu par la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) et des ressources du bénéficiaire. » 

L’ASS, versée par France Travail, est destinée quant à elle aux demandeurs d’emploi en fin de droits. C’est cette aide que les bénéficiaires de l’AAH ne pourront plus percevoir.

Cette interdiction de cumul n’est pas nouvelle. Elle a été actée il y a dix ans, dans le cadre des travaux de la mission Sirugue sur la réforme des minima sociaux. En 2017, le gouvernement avait pris plusieurs mesures relatives au régime de solidarité dans sa loi de finances. Notamment, l’impossibilité de cumuler l’allocation de solidarité spécifique (ASS) et l’allocation aux adultes handicapés (AAH).

Une exception a toutefois été instaurée pour les personnes qui bénéficiaient déjà du cumul des deux allocations au 31 décembre 2016. Celles-ci ont été autorisées à continuer de les cumuler à titre dérogatoire dans la limite de dix ans, soit jusqu’au 31 décembre 2026.

L’AAH priorisée 

La fin de cette dérogation au 1ᵉʳ janvier 2027 n’affecte en aucun cas le versement de l’AAH par la Caisse des allocations familiales (Caf), qui est, au contraire, priorisé, comme l’indique une instruction de France Travail (ex-Pôle Emploi), du 9 janvier 2017.

« La mesure de non cumul ASS/AAH prévoit le versement prioritaire de l’AAH sur l’ASS (article 87 de la loi de finances 2017). […] La mesure de non cumul […] conduit à l’interruption du versement de l’ASS par Pôle Emploi au profit de l’AAH versée par les Caisses d’allocations familiales (CAF) et les Mutualités sociales agricoles (MSA). »

Il est donc erroné d’affirmer que des milliers de bénéficiaires de l’AAH vont perdre l’aide que leur verse la Caf. En revanche, il est vrai de dire qu’au 1ᵉʳ janvier 2027, il ne leur sera plus possible de cumuler cette aide avec l’ASS, versée par France Travail. À ce jour, aucune mesure de compensation financière n’est prévue.

En 2024 déjà, APF France handicap s’inquiétait de l’impact de cette suppression sur nombre d’allocataires de l’ASS, « qui sont souvent des demandeurs d’emploi de longue durée âgés de plus de 50 ans, et parmi eux les allocataires de l’AAH (allocation adulte handicapé) et les pensionnés d’invalidité ».

« Cette décision prise sans mesure d’impact et sans transition va placer ces personnes dans une situation de précarité aggravée alors que la perspective d’un retour à une activité est quasi inexistante [..] et que les personnes en situation de handicap sont moins souvent en emploi après 50 ans et restent en moyenne plus de huit ans sans emploi ni retraite après 50 ans, contre 1,8 an pour les personnes sans incapacité », alertait l’association.