Le chancelier allemand Friedrich Merz ne souhaite pas « restreindre massivement les réseaux sociaux »
Auteur : Nicolas Kirilowits, journaliste
Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
Source : Florian Philippot, le 15 septembre 2026
Le chancelier allemand s’est prononcé, lors d’une discussion avec des jeunes chercheurs, en faveur d’une remise en cause du pseudonymat sur Internet. Il n’a pas évoqué en revanche de limitation qui concernerait les réseaux sociaux.
En Europe, que ce soit à l’échelle continentale ou nationale, comme en France, l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs est devenu un sujet d’actualité majeur. De nombreuses personnalités politiques se sont récemment prononcées pour un contrôle plus strict de l’utilisation des plateformes. Le cas de l’Allemagne agite tout particulièrement la toile ces derniers jours.
Plusieurs publications affirment que le chancelier allemand, Friedrich Merz, se serait positionné pour « restreindre massivement les réseaux sociaux ». « [Et] que personne ne me parle de liberté d’expression ! » aurait ajouté le chef d’Etat allemand, anticipant d’éventuelles critiques. Des déclarations qui passent mal auprès d’internautes qui y voient une tentative de restreindre une liberté fondamentale.
L’information a notamment été relayée par Florian Philippot, président des Patriotes et ancien bras droit de Marine Le Pen, partisan de la sortie de la France de l’Union européenne et plusieurs fois épinglé par Les Surligneurs pour ses approximations informationnelles.
Une mauvaise habitude qui se répète une fois de plus ici. En effet, malgré nos recherches, nous n’avons trouvé aucun élément attestant de la volonté de Friedrich Merz de « restreindre massivement les réseaux sociaux ».
Ce dernier s’est néanmoins bel et bien positionné en faveur de la fin du pseudonymat sur Internet, lors d’un échange organisé avec de jeunes participants à un concours scientifique, le 15 septembre dernier.
« Les affirmations selon lesquelles le Chancelier aurait déclaré vouloir “restreindre massivement les réseaux sociaux”, sont totalement infondées. Elles visent manifestement à semer la confusion et l’inquiétude en se basant sur de fausses déclarations », assure aux Surligneurs un porte-parole du gouvernement allemand.
Les internautes fondent leurs allégations sur un extrait vidéo de l’échange publié par le média Nius. Ce dernier, indique Le Monde dans un article publié en 2025, « veut devenir le Fox News germanophone d’Europe centrale ». Un an plus tôt, Le Figaro, le présentait davantage comme « un CNews made in Germany ».
L’anonymat en ligne dans le viseur de Merz
Sur son site Internet, Nius a consacré un article à l’intervention de Friedrich Merz évoquée plus tôt. Or, celui-ci ne mentionne jamais un désir de la part du chef d’Etat de vouloir « restreindre massivement les réseaux sociaux ».
On peut y lire en revanche, dès les premières lignes, que le chancelier « s’est prononcé en faveur de l’obligation d’utiliser son vrai nom sur Internet ». Friedrich Merz a « établi un lien entre les publications anonymes et les informations générées automatiquement et la menace qui pèse sur les libertés individuelles et la démocratie », précise également l’article.
Pour écrire son article, Nius indique s’être appuyé sur les informations d’un autre média allemand, Apollo News. Or, une nouvelle fois, l’article consacré à cette actualité par Apollo News ne rapporte jamais, comme le font les publications, une intention de restreindre les réseaux sociaux.
Interpellé par un jeune « sur la question de l’obligation d’utiliser de vrais noms sur Internet », détaille Apollo News, « Friedrich Merz a ensuite fait une longue déclaration dans laquelle il a regroupé les pseudonymes sur Internet, le droit à l’anonymat, les informations générées par les robots et la protection de la démocratie ».
Même l’Afd – parti d’extrême droite qui vient d’enregistrer des victoires électorales locales importantes et opposant à la coalition gouvernementale menée par Friedrich Merz – a commenté les déclarations du chancelier sur le compte Facebook de son antenne régionale de La Sarre. « Friedrich Merz réclame une fois de plus l’obligation d’utiliser son vrai nom en ligne », critique notamment le parti, sans jamais mentionner une quelconque limitation des réseaux sociaux.
