La police niçoise a-t-elle utilisé du gaz lacrymogène sur un nourrisson ?
Auteur : Jean-Baptiste Breen, journaliste
Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
Source : Compte X, le 1er octobre 2026
Une vidéo d’un bébé gisant au sol encadré par deux policiers circule sur les réseaux sociaux depuis le 1er octobre. Selon plusieurs internautes, le nourrisson aurait été touché par du gaz lacrymogène utilisé contre des manifestants lycéens. Des affirmations catégoriquement démenties par plusieurs services de l’État.
Gazé avant de savoir marcher ? Le 1er octobre, un utilisateur de la plateforme X publie une vidéo montrant deux agents de police en uniforme, accroupis au-dessus du corps d’un bébé allongé au sol. L’un d’entre eux lui appose la main sur le ventre. « À Nice, la police a gazé un bébé », assure l’internaute. Visionnées plus de 800 000 fois à ce jour, les images sont relayées par différents comptes Facebook (ici, ici ou encore là). Selon eux, le nourrisson aurait été touché par du gaz lacrymogène, utilisé par la police niçoise lors d’une manifestation lycéenne à proximité.
Le contenu de la vidéo ne permet pourtant pas de corroborer ce récit : les policiers n’y font usage ni d’une bombe lacrymogène ni d’un lanceur de grenades, et l’air autour du bébé ne contient aucune volute blanche caractéristique de la présence de ce gaz dans les scènes de maintien de l’ordre.
La préfecture conteste d’ailleurs entièrement la version des faits avancée par les internautes. Les forces de l’ordre seraient au contraire intervenues à la demande de la mère de l’enfant.
Malaise dans un bus
Citant différentes sources officielles, Nice Matin a reconstitué le déroulé des faits. La scène s’est bien déroulée le jeudi 1er octobre, à Nice, en même temps que la mobilisation lycéenne, sans pour autant que les deux événements soient corrélés.
Interrogé par le quotidien, le service départemental d’incendie et de secours (SDIS) local rapporte avoir effectué « une intervention auprès d’un bébé, un garçon, âgé d’un mois, qui a fait un malaise dans un bus ». La police nationale confirme, sur son compte X, que les policiers visibles sur la vidéo ont « prodigué les gestes de premiers secours » à un nourrisson « pris d’un malaise », et dément tout gazage.
Voyant son enfant souffrir d’une apparente insuffisance respiratoire, une passagère d’un bus est descendue du véhicule pour demander l’aide des forces de l’ordre, selon un communiqué de presse de la préfecture des Alpes-Maritimes transmis à Actu Nice.
Les agents de police ont alors entamé les premiers secours en attendant l’arrivée des pompiers, affirme la préfecture. Finalement, « les sapeurs-pompiers sont intervenus rapidement en prenant en charge le nourrisson dont l’état de santé était stable », ajoute le préfet.
Autrement dit, l’intervention de la police auprès du nourrisson n’a rien à voir avec les mobilisations lycéennes.
