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La construction d'une "méga-bassine" à Sainte-Soline, en juillet 2024. Photo : Christophe Archambault / AFP

La loi d’urgence agricole instaure-t-elle une primauté des usages agricoles sur l’eau ?

Création : 4 août 2026

Autrice : Clara Robert-Motta, journaliste

Relecteurs : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay

Etienne Merle, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste

Source : Le Monde, le 20 juillet 2026

À proprement parler, la loi ne permet pas aux agriculteurs de faire primer leurs usages de l’eau. En revanche, la loi d’urgence agricole leur permet d’utiliser des coupe-files, renforce leur implication dans la gouvernance locale de l’eau et donne plus de pouvoir au préfet. S’il y a une priorité donnée, elle ne dit pas son nom.

L’adoption de ce texte controversé aura conduit à la démission – non acceptée – de Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, ce 22 juillet 2026. Pour la ministre, opposée au texte et sans soutien visible au sein de son gouvernement, il s’agit d’un « recul environnemental ». Si elle évoque, en priorité, la réintroduction d’un pesticide interdit depuis 2020, la ministre avait précédemment dit regretter un texte déséquilibré concernant le partage de l’eau.

Elle est loin d’être la seule à s’inquiéter de cet aspect de la loi. Dans une tribune dans Le Monde le 20 juillet, une spécialiste des politiques agricoles justifiait les craintes que provoque ce texte, car il consacrerait « la primauté absolue des usages agricoles de l’eau sur les besoins des autres usagers ». D’autres personnes ont mis en avant cette apparente priorité aux usages agricoles,...