Loi d’urgence agricole : le Conseil constitutionnel pourrait-il censurer la priorité aux produits français ?
Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
Relecteurs : Vincent Couronne, docteur en droit européen, enseignant à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye
Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay
Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
Source : France Info, 29 mai 2026
Pourtant contraire au droit européen, un amendement réservant l’approvisionnement des cantines publiques par des produits français ne sera probablement pas censuré par le Conseil constitutionnel, contrairement à ce qu’avance le rapporteur du projet de loi.
En plein examen du projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, l’Assemblée nationale a adopté un amendement de la députée LFI Aurélie Trouvé. Cet ajout prévoit que « les repas servis dans les restaurants collectifs dont les personnes morales de droit public ont la charge comprennent uniquement des produits originaires du territoire français ». Bien que les députés de gauche, avec le soutien de ceux du Rassemblement national, aient réussi à faire adopter l’amendement, le gouvernement comme le rapporteur du projet, Julien Dive, y étaient opposés. Le député LR de l’Aisne prévient qu’en « la matière, c’est le droit européen qui prévaut », anticipant que « cette mesure sera retoquée par le Conseil constitutionnel ».
Si la proposition de la députée LFI est effectivement contraire au droit européen, ce n’est pas le Conseil
...