Artemis II : cette fausse photo de l’amerrissage ne prouve pas que les voyages spatiaux n’existent pas
Autrice : Maylis Ygrand, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste
Source : Compte Facebook, le 11 avril 2026
Une image largement relayée sur les réseaux sociaux est utilisée pour nier la réalité du voyage spatial Artemis II. Mais la photo a été diffusée avant l’arrivée des astronautes sur Terre et présente de nombreuses incohérences.
Vers l’infini et on revient. Samedi 11 avril, à 2h07 heure de Paris, les quatre astronautes de la mission Artemis II sont revenus sur la planète bleue. À bord de la capsule qui a amerri dans l’océan Pacifique, les états-uniens Reid Wiseman, Christina Koch, Victor Glover et le canadien Jeremy Hansen ont certainement passé les 13 minutes les plus longues de leur vie.
Car, au-delà de partir jusqu’à 400 000 kilomètres de la Terre pendant une dizaine de jours, encore fallait-il revenir. Et c’est un retour particulièrement périlleux qui attendait les explorateurs. Le vaisseau Orion à bord duquel ils étaient devait se frotter à l’atmosphère terrestre. Autrement dit : le bouclier thermique de la capsule devait résister à une température de près de 2 800 °C. Une tension interminable contenue pourtant dans 13 petites minutes.
Alors que la Nasa — pour National Aeronautics and Space Administration — se réjouissait de retrouver les astronautes sains et saufs, des photographies de l’amerrissage ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux. Parmi elles, une image a attiré l’œil de certains internautes. Sur cette dernière, le logo de l’agence spatiale états-unienne s’étale étrangement intact sur la paroi brûlée de ce qui semble être la capsule.
« Moi j’ai besoin de connaître le fabricant de l’étiquette NASA bleu pour faire fabriquer des produits…la seule qui a résisté au retour sur terre […] sous une chaleur de plus de 5000 degrés », ironise un internaute. « [Le] logo bleu de la NASA visible sur cette capsule de mauvaise qualité […] a été peinte à la bombe avant d’être jetée depuis un avion militaire volant à haute altitude, car aucun objet matériel ou physique ne peut quitter le firmament, POINT BARRE », conclut un autre.
Cette image relance ainsi l’idée que les voyages dans l’espace n’ont jamais existé. Pourtant, la supposée photographie sur lequel s’appuient les internautes est en réalité fausse et a probablement été générée au moyen d’une intelligence artificielle.
Une publication antérieure à l’amerrissage
Grâce à une recherche d’image inversée, Les Surligneurs ont retrouvé de nombreuses occurrences de cette image. Mais, surprise, l’une d’elles remonte à la matinée du 10 avril 2026, soit plusieurs heures avant l’amerrissage des astronautes. Cette image ne peut donc illustrer l’événement car elle est antérieure à celui-ci.
De plus, comme l’ont retrouvé nos confrères de l’AFP, la Nasa avait publié, quelques jours plus tôt, une photographie de la capsule Orion. Si, sur celle-ci le logo de la Nasa était bien affiché, il est possible d’y voir des différences avec celui présent sur l’image qui circule sur les réseaux sociaux. En effet, sur cette dernière, les éléments blancs et rouges, entourant normalement l’acronyme « Nasa », sont absents.
- Le vaisseau spatial Orion de la Nasa avec les cinq ballons, photographié par la Nasa le samedi 11 avril 2026. (Photo : NASA/Joel Kowsky)
- L’image relayée sur les réseaux sociaux, représentant la capsule Orion avec trois ballons.
Enfin, cette image ne ressemble nullement à celles relayées par l’agence spatiale états-unienne (comme ici ou là). Sur ces dernières, le vaisseau Orion ne compte pas moins de cinq ballons du système de redressement, et non trois comme sur l’image relayée sur les réseaux sociaux. De plus, l’aspect de la capsule est également différent.
Comme l’ont conclu nos confrères de TF1, ces images ne semblent donc aucunement avoir été relayées par l’agence spatiale états-unienne et ont certainement été générées au moyen d’une intelligence artificielle. Cette supposée photographie ne peut donc servir à décrédibiliser la mission spatiale.


