Affaire Joël Guerriau : l’ancien sénateur perçoit-il toujours des indemnités parlementaires ?
Autrice : Maylis Ygrand, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste
Source : Compte Facebook, le 2 septembre 2026
Des internautes affirment que l’ancien parlementaire Joël Guerriau, qui a été condamné en première instance pour avoir drogué la députée Sandrine Josso pour commettre une infraction sexuelle et qui a depuis fait appel de cette décision, serait toujours « en poste » et « payé par le Sénat ». En réalité, ces informations sont datées et les indemnités de Joël Guerriau ont pris fin lorsqu’il a démissionné de son mandat en octobre 2025.
En novembre 2023, le sénateur Joël Guerriau est accusé par la députée Sandrine Josso d’avoir tenté de la soumettre chimiquement dans le but de l’agresser sexuellement ou de la violer. Deux ans plus tard, il a été condamné en première instance. Il a, depuis, fait appel de cette décision et bénéficie toujours de la présomption d’innocence.
Malgré ces accusations et cette condamnation, certains internautes ont récemment affirmé que Joël Guerriau serait toujours « en poste » et « payé par le Sénat ».
Il n’occupe en réalité plus de mandat de sénateur et aucun élément ne permet d’affirmer qu’il toucherait toujours des indemnités parlementaires.
Des indemnités touchées malgré une mise en retrait
Après avoir d’abord accepté de se mettre en retrait en septembre 2024, Joël Guerriau a finalement démissionné de son mandat de sénateur à l’automne 2025, comme en témoignent de nombreux articles de l’époque (comme ici ou là). L’ancien parlementaire avait alors prétexté qu’il démissionnait en raison d’un précédent engagement et non des accusations à son encontre. La plaignante, Sandrine Josso, avait parlé d’un « repli stratégique, à quelques mois de son procès et après avoir largement profité des privilèges attachés à sa fonction », comme le rapportait à l’époque France Info.
Sur le site du Sénat, il est ainsi possible de voir qu’il n’occupe plus ces fonctions depuis le 5 octobre 2025. Contrairement aux publications relayées sur les réseaux sociaux, il n’est donc plus sénateur et n’est donc logiquement plus payé par le Sénat.
Une fiche de Sénat Infox, la plateforme du Sénat visant à lutter contre les fausses informations relatives à cette dernière, précise d’ailleurs que, depuis sa démission, Joël Guerriau « n’est plus sénateur », « n’est plus rémunéré par le Sénat” et “ne peut plus participer aux travaux du Sénat ».
S’il n’est, aujourd’hui, plus rémunéré par le palais du Luxembourg, il l’a été pendant une longue période entre le moment où il a été accusé et celui où il a démissionné. En effet, si en septembre 2024, Joël Guerriau avait accepté de se mettre en retrait de ses fonctions, il avait continué à se voir verser ses indemnités parlementaires. N’ayant pas démissionné, il avait toujours le droit de les toucher, comme l’expliquait à 20 Minutes Benjamin Morel, constitutionnaliste et maître de conférences à l’université Paris Panthéon-Assas, en juin 2025.
