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Photo : Capture d'écran X

Attention, cette image ne montre pas un drone français ayant été abattu par l’armée malienne

Création : 13 juillet 2026

Autrice : Clara Robert-Motta, journaliste

Relecteur : Etienne Merle, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste

Source : Compte Facebook, le 12 juillet 2026

La photo d’un crash d’un drone a été modifiée pour faire croire qu’il s’agissait d’un engin français abattu par le Mali.

« A Kidal un drone de l’armée Français à été neutralisé par les systèmes de surveillance malienne ce 12 Juillet 2026 », assurent des dizaines de publications identiques. Cette image d’un drone écrasé serait-elle la preuve d’une implication de la France dans la guerre au Mali ? Alors que la junte au pouvoir accuse la France de soutenir le Front de libération de l’Azawad, des indépendantistes touaregs qui ont lancé des offensives au Mali ces derniers mois, une photo partagée en masse sur les réseaux sociaux est censée prouver ce prétendu lien. 

Sauf qu’il s’agit d’une image altérée et dont l’originale n’a rien à voir avec la France. 

L’accident d’un drone indien le 8 juillet

Grâce à une recherche d’image inversée, on retrouve facilement l’originale de l’image. Plusieurs articles de presse indiens l’utilisent pour illustrer un fait divers survenu le 8 juillet 2026. « Un drone non armé exploité par la marine indienne s’est écrasé près du village de Dharampur, dans le district de Porbandar, au Gujarat », développe un article du Bhaskar, en anglais. 

D’après The New Indian Express, il s’agirait du deuxième Drishti-10 – version indienne du drone israélien Hermes-900 (moyenne altitude et longue endurance), destinée au combat – à s’écraser près de Porbandar. « En janvier de l’année dernière, un drone piloté par le fournisseur lors d’essais de pré-réception s’était abîmé en mer d’Arabie après avoir, semble-t-il, perdu sa liaison de communication », précise le journal. Les raisons du crash ne sont pas encore connus.

Différentes images du drone crashé ont été publiées par les journaux locaux, et ils correspondent quasiment en tous points à l’image partagée sur les réseaux sociaux… à l’exception du discret drapeau français sur le devant de l’engin. 

Une manipulation de l’image visible

L’outil InVID We Verify a dévoilé la trace d’une altération de l’image – très probablement dûe à la superposition de différentes images – à l’endroit exact où se trouve ce petit drapeau tricolore. L’image est donc truquée pour faire apparaître un symbole français là où il n’existe pas.

Photo : Animation de l’outil InVid WeVerify. « L’algorithme JPEG Ghosts est basé sur la compression de l’image en plusieurs qualités différentes et la soustraction de chacune d’elles de l’original. Les images résultantes de cette différence sont post-traitées pour mettre en évidence les régions qui se distinguent et sont susceptibles de provenir d’une JPEG différente. »

 

Ces images ont été partagées de façon coordonnée par des comptes pro-AES (Alliance économique du Sahel qui réunit le Mali, le Burkina Faso et le Niger). Plusieurs médias, dont The Continent, RFI, Forbidden Stories et France 24, ont révélé que cette organisation interétatique est aidée par un réseau « d’experts » russes qui ont mis sur une pied sur une stratégie de désinformation pour développer « la plus grande coalition anti-occidentale d’Afrique ».

Les Surligneurs n’ont pas pu formellement lier les publications coordonnées de cette image à des campagnes de désinformation russe. Mais celles-ci interviennent quelques jours après, qu’au Mali, l’armée du pouvoir en place et les Russes d’Africa Corps ont repris la ville d’Anéfis, dans le Nord du pays qui étaient revendiquée par la coalition entre les djihadistes du Groupe de soutien de l’islam et des musulmans et les indépendantistes du Front de libération de l’Azawad.