Peut-on interdire les prises de positions politiques des syndicats de magistrats ?
Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
Relecteurs : Pascal Caillaud, chargé de recherche CNRS, Laboratoire droit et changement social, Nantes Université
Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay
Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
Source : BFMTV, 14 juin 2026
Jordan Bardella veut interdire aux syndicats de magistrats de prendre des positions politiques. Un devoir de réserve existe pourtant déjà, et le droit syndical – protégé par la Convention européenne des droits de l’Homme – rend une telle interdiction juridiquement très difficile à mettre en œuvre.
Invité de BFMTV pour commenter l’affaire Lyhanna, Jordan Bardella s’en est pris à la syndicalisation des magistrats, qu’il juge trop politique. L’éventuel candidat du Rassemblement national à l’élection présidentielle a ainsi proposé d’« interdire les prises de positions politiques des syndicats de magistrats ».
Selon lui, « un syndicat dans l’institution judiciaire est fait pour défendre les magistrats, réclamer des moyens, défendre les intérêts de cette corporation », et non pour appeler à voter pour tel ou tel candidat ou s’opposer au Rassemblement national.
Ainsi, il plaide pour « un devoir de réserve des magistrats », en s’appuyant sur le modèle de l’armée, tout en précisant ne pas vouloir supprimer les syndicats eux-mêmes.
Reste que Jordan Bardella ne précise pas ce qu’il entend par « prise de position politique ». Contacté à ce sujet, il n’a
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