Peut-on rétablir un contrôle des prix et des marges comme “pendant les 30 Glorieuses” comme l’affirme François Ruffin ?
Autrice : Solweig Peron Redon, étudiante en master Droit européen à l’Université Paris-Est-Créteil
Relecteurs : Sarah Auclair, doctorante en droit public à l’Université Paris-Est-Créteil
Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
Source : 8h20 de France Inter, 12 mai 2026
Sur le plateau de France Inter le 12 mai, François Ruffin plaidait en faveur d’un rétablissement du contrôle des prix et des marges et de l’étendre aux produits de première nécessité. Mais un tel contrôle, qui existait jusqu’en 1986, serait aujourd’hui difficilement applicable, notamment en raison des règles de concurrence européennes.
Le 12 mai dernier, François Ruffin, invité du 8h20 de France Inter, député de la Somme et appartenant au groupe politique Écologiste et Social, déclarait au micro de Florence Paracuellos et Benjamin Duhamel vouloir « réguler le marché comme pendant les 30 Glorieuses en contrôlant les prix et les marges » pour les produits de première nécessité.
Objectif affiché : répondre aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient et remédier à la perte de pouvoir d’achat. Mais en l’état du droit, un contrôle des prix et des marges généralisé à tous les produits de première nécessité n’est pas réalisable.
Première limite nationale : la liberté d’entreprendre
De 1945 à 1986, le prix de certains services et produits, notamment le pain ou l’essence, était réglementé par application de deux ordonnances (n° 45-1483 et n°45-1484 du 30 juin 1945) destinées à maîtriser...
