Raphaël Glucksmann peut-il « bannir TikTok » de la France s’il est élu Président de la République ?
Auteur : Philippe Mouron, professeur de droit privé à l’Université Aix-Marseille, directeur du master Droit des communications électroniques
Relecteur : Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
Source : Quotidien, 27 mai 2026
Raphaël Glucksmann souhaite interdire TikTok en France, mais la réglementation européenne en confie le contrôle quasi exclusif à la Commission européenne. Le principe de proportionnalité rendrait de toute façon une telle mesure difficilement applicable.
Au cours d’un échange télévisuel sur sa stratégie de campagne pour les prochaines élections présidentielles, Raphaël Glucksmann a affirmé ne pas vouloir déployer celle-ci sur TikTok, qu’il accuse d’avoir faussé la dernière élection présidentielle en Roumanie. Plus encore, le potentiel futur candidat entend « bannir TikTok » de la France, pour préserver son indépendance vis-à-vis des géants de la Silicon Valley et du parti communiste chinois.
C’est aller bien vite en besogne, alors que les institutions françaises n’ont pas compétence pour sanctionner une très grande plateforme au sens du règlement sur les services numériques (DSA).
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