Peut-on suspendre le droit d’asile face à une « situation exceptionnelle », comme le propose Édouard Philippe ?
Auteur : Nicolas Turcev, journaliste
Relectrices : Clara Robert-Motta, journaliste
Tania Racho, docteure en droit européen, chercheuse-associée à l’Université Paris-Saclay
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
Source : Edouard Philippe, le 10 août dans Le Figaro
Pour juguler les flux migratoires aux frontières de l’Union européenne, le candidat Horizons à l’élection présidentielle propose de suspendre l’enregistrement des demandes d’asile dans certaines circonstances. Mais la Constitution et les traités internationaux ratifiés par la France s’y opposent.
« Un aperçu du monde qui vient. » Dans une tribune parue dans Le Figaro le 10 août, Edouard Philippe a rebondi sur l’épisode de l’afflux de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta, fin juillet, pour livrer les grandes lignes de sa future politique migratoire s’il est élu président. En cas de victoire en 2027, l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron assure qu’il « suivra la voie du contrôle et de la fermeté pour faire respecter nos lois françaises et nos règles européennes ».
Une intention louable… en apparence. Car quelques lignes plus loin, le maire du Havre propose deux mesures de suspension du droit d’asile pourtant contraires aux lois qu’il prétend défendre.
L’édile souhaite d’une part instaurer « un dispositif anti-chantage migratoire » qui prendrait la forme d’un « régime européen d’urgence » autorisant la suspension de l’enregistrement de nouvelles demandes d’asile « face à une situation
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