Non, Marine Le Pen n’a pas été « destituée », comme le suggère Jean-Luc Mélenchon
Autrices : Claire Harion, étudiante en M2 Droit pénal financier et international, à l’université de Lorraine
Alicia Desbeux, étudiante en M2 Droit pénal approfondi, à l’université de Lorraine
Relecteurs : Etienne Merle, journaliste
Jean-Baptiste Thierry, professeur de droit pénal à l’université de Lorraine
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste
Source : Publication X, le 31 mars 2025
Après la condamnation de Marine Le Pen en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires, Jean-Luc Mélenchon a affirmé que la destitution d’un élu devrait revenir au peuple. Or, si elle doit abandonner son poste de conseillère départementale, elle reste députée. Son inéligibilité immédiate n’est pas une destitution, mais une conséquence légale en cas de manquement à la probité.
Après sa condamnation pour détournement de fonds publics, dont le préjudice est estimé à plus de quatre millions d’euros, la députée RN, Marine Le Pen, a fait l’objet d’une peine complémentaire d’inéligibilité d’une durée de cinq ans avec exécution provisoire, c’est-à-dire avec effet immédiat. En d’autres termes, elle pourrait ne pas se présenter à l’élection présidentielle, à moins que la Cour d’appel ne la relaxe ou revienne sur la peine d’inéligibilité et dont le verdict est envisagé à l’été 2026.
Après la décision, les réactions n’ont pas tardé. Jordan Bardella a affirmé, à tort, que la démocratie a été « exécutée ». De l’autre côté du spectre politique, Jean-Luc Mélenchon y est également allé de sa petite phrase, en partageant un communiqué de la coordination du mouvement insoumis sur le réseau social X : « La décision de destituer un élu devrait revenir au peuple », ...