Non, des documents déclassifiés ne prouvent pas que l’assassinat de JFK était une opération israélienne
Autrice : Fanny Velay, étudiante en journalisme à l’École W
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
Source : Compte Facebook, le 20 mars 2025
Grâce à des documents confidentiels relatifs à l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy récemment déclassifiés, des internautes pensent démontrer que les renseignements israéliens étaient impliqués. Ces documents ne révèlent, en réalité, rien de tout ça.
Le 18 mars 2025, les États-Unis ont publié les dernières archives de l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy (JFK), comme l’avait promis le président Donald Trump. Si 99% des archives avaient déjà été rendues publiques, 1 100 documents supplémentaires ont été déclassifiés, qui se concentrent principalement sur les activités de la CIA et du FBI. « Tous les documents non publiés pour des raisons de classification sur cette affaire sont rendus publics », ont annoncé les Archives nationales dans un communiqué.
Aucune révélation saillante n’émerge, pour le moment, des milliers de fiches mises à disposition sur le site des archives, d’après des experts interrogés par le Washington Post. Mais des internautes semblent, eux, en avoir trouvé.
« Bon, point d’étape sur le déballage de l’assassinat de JFK : les documents confirment que c’était une opération israélienne pour se débarrasser de Kennedy et le remplacer par Lyndon Johnson [alors vice-président des États-Unis, ndlr] à la Maison-Blanche », écrit un utilisateur de Facebook.
La preuve ? Un document présenté comme issu de la déclassification où l’on peut voir quatre mots surlignés : « the Israeli Intelligence Service » — le service de renseignement israélien, en français. Alors, complot ? Pas du tout.
Le Mossad n’est pas mis en cause par les archives
Les Surligneurs ont retrouvé le document dans les archives nationales de l’assassinat de Kennedy, à l’aide d’une recherche inversée. Il s’agit d’un mémorandum interne du FBI. En haut du document, il est indiqué : « Publication en 2025 en vertu de la loi de 1992 sur les archives des assassinats du président John F. Kennedy ». Il s’agit donc bel et bien d’un des documents qui ont été déclassifiés lors de la dernière vague de 2025.
La note, datée du 13 janvier 1967, provient d’un certain DJ. Brennan Jr, qui aurait été un assistant du mythique patron du FBI dans les années 60, J. Edgar Hoover, comme le rapporte un article du Times. Il s’adresse à William C. Sullivan, ancien chef de la division des renseignements domestiques de 1961 à 1971.
Ce mémorandum explique un processus mis en place par le FBI pour rendre compte des contacts que le bureau avait avec James Angleton, à l’époque chef du contre-espionnage de la CIA. « En 1953, nous avons créé un dossier de contrôle séparé […] dans le but de conserver des copies de certains types de mémorandums qui nous ont été transmis par James Angleton. Nous pensons qu’il n’est plus nécessaire », précise le mémo.
C’est dans la partie « contexte » qu’Israël est mentionné : « Pour rappel, le dossier de contrôle a été créé pour nous permettre de suivre de près notre liaison avec Angleton sur diverses questions qui n’étaient pas signalées par les canaux normaux de la CIA. Les directeurs de la CIA ont permis à Angleton de gérer plusieurs projets de renseignement, dont un grand nombre avec les services de renseignement israéliens. »
Il n’est jamais fait mention d’un quelconque lien entre l’assassinat de JFK et le Mossad.
Depuis l’assassinat du président démocrate le 22 novembre 1963, un grand nombre de fantasmes et de théories du complot ont vu le jour, sans jamais être étayés par des preuves. 65% des Américains pensent que le principal suspect, Lee Harvey Oswald, n’est pas passé à l’acte tout seul, selon un sondage de l’Institut américain Gallup réalisé en 2023.