Du lancer de nains aux gang bangs : le Conseil d’État étend le domaine de l’indignité
Dernière modification : 3 août 2026
Auteurs : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’université de Poitiers
Nicolas Turcev, journaliste
Relecteurs : Sacha Sydoryk, maître de conférences en droit public à l’université de Picardie Jules Verne
Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste
Le 15 juillet 2026, la plus haute juridiction administrative a provisoirement confirmé la fermeture d’un établissement parisien accueillant des parties fines. Malgré le consentement des participantes et l’absence de contrepartie financière, les juges ont retenu le critère de l’atteinte à la dignité pour fonder leur décision. Une jurisprudence qui pourrait faire date.
Le Conseil d’État accusé de faire de la moraline. Le 15 juillet 2026, la plus haute juridiction administrative a provisoirement confirmé la fermeture d’une salle parisienne accueillant des gang bangs, une pratique sexuelle mettant en scène une personne, généralement une femme, ayant des rapports avec un groupe d’hommes.
De quoi scandaliser les défenseurs de la liberté sexuelle, pour lesquels cette décision s’immisce dans la vie privée des participantes et bafoue leur droit à jouir de leur corps comme elles l’entendent.
Leur colère est nourrie par la motivation du Conseil d’État, qui retient l’atteinte à la dignité comme l’un des critères pouvant justifier la fermeture de l’établissement, malgré le consentement des participantes.
Ce faisant, les magistrats du Palais-Royal lâchent une petite bombe dans l’arène juridique : c’est la première fois que le juge administratif suprême fait appel à la protection de
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