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Photo : Capture d'écran Facebook

Attention à cette fausse histoire de bus scolaire retrouvé 39 ans plus tard

Création : 30 juillet 2026

Auteur : Clément François, journaliste

Relecteur : Etienne Merle, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Clément François, journaliste

Source : Compte Facebook, le 23 juillet 2026

Un bus scolaire aurait été retrouvé enseveli dans une forêt trente-neuf ans après sa disparition, sans aucune trace des enfants qui s’y trouvaient à l’intérieur. Mais ce récit est faux et est illustré par une image probablement générée par intelligence artificielle.

Quinze enfants disparus au cours d’une sortie scolaire en 1989, leur bus découvert 39 ans plus tard, intact, enseveli dans une forêt, sans aucune trace des disparus. À l’intérieur : quelques objets abandonnés, mais aucun corps ni aucune trace des disparus. Sur le tableau de bord, une liste de classe accompagnée d’un mystérieux message : « Nous ne sommes jamais arrivés à Morning Lake. » 

Racontée comme un fait-divers taillé pour une série Netflix, cette histoire connait un franc succès sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, de nombreux internautes se laissent porter par le récit, et croient à la découverte miraculeuse entre stupéfaction et inquiétude. « Je suis étonnée qu’on ne les ait pas trouvés avant », s’interroge l’une d’entre elles. « Paix à leur âme ! Rendons grâce à Dieu ! » s’emporte une autre, sans doute bouleversée par l’histoire. 

Que chacun et chacune se rassure : l’histoire a été inventée de toutes pièces pour générer du clic. 

Des approximations en pagaille 

Il faut dire que le récit comporte de nombreuses incohérences. L’école Halstead Ridge, cité dans les publications, n’existe pas, tout comme le lac Morning Lake, dont l’homonyme le plus proche est le Morning Star Lake, dans le Nebraska. 

Par ailleurs, aucun média sérieux n’a relaté cette prétendue histoire : ce qui semble irréaliste au regard de l’impact médiatique qu’aurait pu avoir une telle disparition. À cela s’ajoute le manque d’informations dans les publications: les noms de lieux et de personnages sont génériques, et aucune région, état ou pays n’est mentionné. 

De plus, la photo qui accompagne les publications présente les caractéristiques d’une image générée par intelligence artificielle. Toutes les inscriptions sur le dossard des ouvriers ou l’avant du bus sont illisibles, un détail fréquent sur les images générées par IA comprenant du texte, que les outils génératifs n’ont pas encore appris à reproduire parfaitement. 

Autre incohérence : l’état du bus. Enterré pendant plusieurs décennies, il ne semble avoir subi aucun dommage : les pneus et les fenêtres sont en parfait état, et la peinture jaune du véhicule toujours intacte. 

Un détail peu crédible, mais sans doute secondaire pour les comptes qui diffusent ce récit, dont l’objectif semble moins être d’informer que d’attirer les internautes vers des contenus rémunérateurs.

Un conte monétisé

En effet, cette histoire apparait sur les réseaux sociaux en 2025, d’abord en anglais (ici ou ici), puis en français, copiée, traduite, et relayée par des comptes qui postent en commentaire des liens vers une version « complète » du feuilleton. Tous ces sites sont bardés de publicités, qui visent à monétiser le trafic d’internautes curieux d’en apprendre plus sur cette histoire. 

D’un site à l’autre, les éléments clés du récit changent. La disparition des enfants est datée, parfois le 19 mai 1986 , d’autre fois le 2 mai 1986 ou encore le 17 octobre 1986. Le nom de l’école, du shérif lié à l’enquête, et d’autres détails peuvent également varier. 

Tout porte à croire qu’il s’agit donc d’une histoire virale montée de toutes pièces pour générer de la viralité sur les réseaux sociaux et du trafic sur des sites internet saturés de publicité. Et sur ce point, les inventeurs de ce récit semblent avoir réussi leur coup.