Procès Le Scouarnec : l’organisation judiciaire hors norme d’une affaire pédocriminelle vertigineuse
Autrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Relecteur et relectrice : Jean-Baptiste Thierry, professeur de droit pénal, université de Lorraine
Maylis Ygrand, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Le procès de l’ancien chirurgien, accusé d’agressions sexuelles et de viols sur 299 personnes, dont une majorité de mineurs, aura nécessité deux ans et demi de préparation et devrait coûter près de trois millions d’euros à l’État. Retour sur le dispositif de ce « procès sensible ».
La salle d’audience est haute de plafond, et les bancs plutôt longs pour une « petite » cour criminelle départementale. Mais aujourd’hui, la salle principale du palais de justice de Vannes, qui ne peut accueillir que 80 personnes, paraît on ne peut plus exigüe alors que s’y pressent des dizaines de robes noires. À partir de 13h, ce 24 février, c’est ici que Joël Le Scouarnec comparaît pour viols sur mineur de 15 ans, viols aggravés, et agressions sexuelles aggravées, commis entre 1989 et 2014.
Dans ce dossier qui dépasse l’entendement, 299 personnes (dont 256 étaient mineures au moment des faits) sont concernées par l’ordonnance de mise en accusation — même si toutes n’ont pas déposé plainte et ne se sont pas constituées parties civiles. Cet ex-chirurgien, qui reconnaît son implication dans nombre de faits, aurait violé et agressé sexuellement de nombreux.ses patient.e.s (il est toujours présumé innocent).
Quatre mois
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