L’État pousse-t-il TotalEnergies à baisser les prix au risque d’encourager des pratiques anticoncurrentielles ?
Auteur : Rayan Roumane, étudiant en master Droit européen à l’Université Paris-Est-Créteil
Relecteurs : Sarah Auclair, doctorante en droit public à l’Université Paris-Est-Créteil
Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
Le plafonnement des prix du carburant par TotalEnergies, poussé par le gouvernement au nom du pouvoir d’achat, inquiète plusieurs stations-service indépendantes. Certaines envisagent de saisir l’Autorité de la concurrence, estimant que ces prix trop bas pourraient constituer un abus de position dominante.
Il n’aura échappé à aucun Français, un tant soit peu soucieux du prix de son plein d’essence à la fin du mois, que TotalEnergies a plafonné certains prix à la pompe. Comme le révèle Le Monde, le groupe a notamment vendu le litre d’essence à un prix plafonné de 1,99 euro et le gazole à 2,25 euros, avec un plafond ponctuel à 2,09 euros pour certains ponts du mois de mai.
Ce plafonnement des prix, qui intervient dans un contexte de forte tension sur le pouvoir d’achat et de pression politique sur les grands groupes pétroliers, pose cependant une question, celle de savoir si l’État peut encourager une baisse des prix du carburant sans, indirectement, fragiliser la concurrence entre distributeurs.
C’est en tout cas l’inquiétude exprimée par plusieurs gérants de stations-service indépendantes. Certains d’entre eux ont annoncé vouloir saisir l’Autorité de la concurrence à
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