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Photo : capture d'écran X

Euthanasie de Noelia Castillo : la jeune Espagnole a-t-elle été violée par des mineurs étrangers non accompagnés ?

Création : 27 mars 2026

Auteur : Nicolas Turcev, journaliste

Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste

Source : Compte Facebook, le 26 mars 2026

Après une longue bataille judiciaire l’opposant à sa famille, Noelia Castillo, 25 ans, a eu recours à l’aide à mourir, le 26 mars 2026. Elle était devenue paraplégique après une tentative de suicide, en 2022. Son état mental s’était dégradé à la suite de plusieurs viols dont l’un commis, selon des internautes, par des mineurs étrangers. Mais à ce stade, aucun élément ne permet d’identifier la nationalité des agresseurs.

L’Espagne se déchire depuis la mort, le 26 mars 2026, de Noelia Castillo, 25 ans, qui a eu recours à l’euthanasie pour mettre fin à ses jours. La jeune femme, devenue paraplégique à la suite d’une tentative de suicide, est apparue à la télévision espagnole la veille de son décès, après qu’un tribunal espagnol a rejeté un ultime recours formé par sa famille, ouvrant la voie à son suicide assisté.

La diffusion de son entretien avec la chaîne Antenna 3 a déclenché de vives réactions dans le pays et alimenté des rumeurs sans fondement. Noelia Castillo y retrace son parcours, de son enfance au cours de laquelle elle déclare avoir subi des comportements abusifs de ses proches, jusqu’à sa tentative de suicide en 2022.

La jeune femme affirme avoir été violée à plusieurs reprises au cours de sa vie, d’abord par l’un de ses anciens compagnons, mais également par trois jeunes hommes, quelques jours seulement avant sa tentative de suicide.

D’après de nombreux internautes, les jeunes en question seraient des mineurs étrangers non accompagnés. Cette rumeur a été relayée et amplifiée sur X par Santiago Abascal, le président du parti d’extrême droite Vox. « L’État arrache une fille à ses parents. Des mineurs étrangers non accompagnés la violent. Et la solution de l’État ? La pousser au suicide », a écrit le responsable politique le 25 mars. Mais à ce jour, aucun élément ne permet d’établir la nationalité des personnes qui auraient agressé Noelia Castillo.

Un rapprochement fallacieux

Santiago Abascal effectue un rapprochement entre le placement de la jeune femme en centre pour mineurs après le divorce de ses parents et son agression. Or, d’après nos confrères de Maldita, d’EFE et d’El Pais, le timing ne colle pas. Le service de protection de l’enfance de Catalogne indique que Noelia Castillo a résidé dans deux de ses centres entre 2015 et 2019. Période durant laquelle les services n’ont enregistré aucune agression sexuelle commise contre l’adolescente. Puis, à ses 18 ans, elle a quitté volontairement le système de protection de l’enfance.

Autrement dit, en 2022, l’année où se serait produit le viol, Noelia Castillo ne résidait plus dans un centre pour mineurs. Elle-même n’a jamais fait mention du nom ou de la nationalité de ses agresseurs dans les déclarations publiques que Les Surligneurs ont pu consulter, y compris lors de l’entretien diffusé sur Antenna 3.

Un collectif d’avocats proche de l’extrême droite

L’origine de la rumeur sur la nationalité des agresseurs de la jeune femme provient des déclarations du collectif Abogados Cristianos (Les Avocats chrétiens), une organisation réactionnaire proche de Vox. Les avocats d’Abogados Cristianos représentaient la famille de Noelia Castillo qui a intenté plusieurs recours pour tenter de casser la demande de suicide assisté, formulée par la jeune femme en 2024.

« Alors qu’elle était sous la tutelle de l’administration de la Communauté autonome de Catalogne […] plusieurs mineurs étrangers non accompagnés l’ont agressé sexuellement », a déclaré le collectif au site d’actualité El Espanol. Tout en admettant ne disposer pour seule preuve que de la « confirmation d’une personne qui a connaissance de l’incident », sans préciser son identité.

Malgré l’absence d’éléments concrets étayant l’affirmation d’Abogados Cristianos, plusieurs médias s’en sont fait l’écho, dont Le Figaro et Cnews en France.