Attention à cette vidéo de gendarmes insultés qui date de 2024
Autrice : Maylis Ygrand, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste
Source : Compte Facebook, le 10 février 2026
Certains internautes relaient une vidéo de gendarmes insultés et menacés. Sans précision sur la date, les publications laissent à penser que les images auraient été prises récemment. Mais la vidéo est en réalité datée.
Imperturbables. En ce début de mois de février 2026, une vidéo sur laquelle on voit deux gendarmes insultés et menacés sans qu’ils ne réagissent circule massivement sur les réseaux sociaux. Celui qui semble être l’auteur de la vidéo arrache même la « caméra-piéton » de l’un des gendarmes. Les militaires restent, quant à eux, impassibles.
Face aux images, certains internautes ne comprennent pas, se désolent, voire critiquent, le manque de réaction des gendarmes. « Illustration de la perte d’autorité… », commente un internaute. « Il ne s’agit pas d’une vidéo IA », prévient un autre.
Sans date ni lieu, la plupart des publications laissent à penser que la vidéo aurait été prise récemment, probablement en France. Un post affirme d’ailleurs que les images auraient été tournées « en France en 2026 ».
Mais, si la vidéo est authentique, elle est, en revanche, datée.
Des auteurs condamnés
Face à la viralité de cette vidéo et les réactions qu’elle a suscitées, la gendarmerie nationale s’est fendue de deux communiqués, les 7 et 10 février 2026. Et, d’après les militaires, les images n’auraient pas été prises en 2026 mais le 17 février 2024.
Toujours selon le récit fourni par la gendarmerie nationale, ce soir-là, deux gendarmes se rendent dans le quartier de l’Arnède à Sommières (Gard), à la suite du signalement d’une rixe. Lorsqu’ils arrivent sur les lieux, ils constatent être en sous-effectif par rapport au nombre de personnes présentes et appellent des renforts. C’est à ce moment-là que la vidéo aurait été tournée. « Ne répondant pas aux provocations, les gendarmes se placent en retrait, en attendant l’arrivée de leurs camarades », affirme, dans un de ses communiqués, l’institution.
Les militaires ont également tenu à répondre aux sous-entendus de certains internautes, affirmant à demi-mot que les auteurs n’auraient pas été condamnés. Au contraire, « les deux auteurs principaux […] un père et son fils ont pu être clairement identifiés. Ils [ont été] interpellés et placés en garde à vue dès le lendemain matin pour violences, outrages et menaces. […] À l’issue de leur garde-à-vue, le père et le fils ont respectivement été condamnés à six mois de détention avec mandat de dépôt, et quatre mois d’emprisonnement avec sursis », relate la gendarmerie nationale.
Contacté par la rédaction, le parquet de Nîmes n’avait pas encore répondu aux Surligneurs lors de la publication de cet article. Néanmoins, le tribunal a confirmé ces informations à nos confrères de l’AFP, qui se sont également penchés sur cette infox.
