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Image d'illustration libre droit.

Votre ex pourra-t-il vraiment exiger 20% de votre salaire après une rupture  ?

Création : 22 décembre 2025

Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers

Relecteur : Etienne Merle, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste

Source : Compte Facebook, le 2 décembre 2025

Une vidéo affirme qu’un ex-copain ou une ex-copine pourrait réclamer une part du salaire en cas de rupture, et ceux pendant deux ans. C’est faux  : aucun débat parlementaire, ni média sérieux ne confirme cette rumeur. Pour l’heure, seul le divorce prévoit une compensation financière.

Ah l’amour…ses éclats de rires, ses désillusions et ses… nouvelles obligations financières ? Sur une page Facebook rompue aux fausses informations, une vidéo, publiée le 2 décembre 2025 affirme qu’« après une rupture amoureuse », les ex-copains et ex-copines pourraient « exiger une partie » du salaire de leur ancien partenaire « pendant deux ans », à condition d’avoir participé « aux dépenses » de l’autre. Autrement dit, la rupture sentimentale se prolongerait par un abonnement à durée déterminée.

Selon la vidéo, l’information aurait tout ce qu’il y a de plus sérieux : des débats à l’Assemblée nationale, des relais médiatiques sur BFMTV et dans Le Monde, et même les commentaires d’un prétendu avocat évoquant un « dispositif ingérable impossible à contrôler ». Un vernis institutionnel soigneusement appliqué, destiné à crédibiliser une affirmation pourtant infondée : aucun dispositif de ce type n’est prévu en droit français.

Une information introuvable

Après vérification, Les Surligneurs n’ont retrouvé aucune trace de cette information dans les médias cités : ni sur BFMTV, ni dans Le Monde. Aucun article, aucune séquence, aucune analyse ne font état d’un dispositif permettant, après une rupture amoureuse, d’exiger une compensation équivalente à 20 % des revenus pendant deux ans au motif d’une participation passée aux dépenses du couple.

Même constat concernant les prétendus débats à l’Assemblée nationale mentionnés dans la vidéo. Les comptes rendus des débats parlementaires, librement accessibles sur les sites de l’Assemblée nationale et du Sénat, ne contiennent aucune discussion visant à instaurer un tel mécanisme applicable aux ruptures amoureuses. Aucun texte débattu ou adopté ne prévoit, en droit français, l’existence d’un droit général à compensation financière entre ex-partenaires non mariés sur ce fondement.

Ce qui existe réellement en droit

Il existe bien un mécanisme juridique de compensation financière : la prestation compensatoire. Mais celle-ci est strictement limitée au cadre du divorce.

La loi prévoit que, lors de la dissolution du mariage, « l’un des époux peut être tenu de verser à l’autre une prestation destinée à compenser, autant qu’il est possible, la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives ».

Ce dispositif ne concerne ni les couples non mariés, ni les ruptures amoureuses en général, et ne repose pas automatiquement sur un pourcentage des revenus, encore moins sur une durée fixe de deux ans.

 

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