Procès en appel de Marine Le Pen : 2027 dans la balance
La rédaction des Surligneurs
Le 13 janvier s’ouvre le procès en appel dit des « assistants parlementaires du Front national ». À travers plusieurs articles publiés ces derniers mois, Les Surligneurs éclairent les enjeux de ce second volet pénal.
Deuxième acte de l’affaire des assistants parlementaires du Front national. Le 13 janvier 2025, Marine Le Pen comparaît de nouveau devant la justice : le procès en appel s’ouvre à Paris. À ses côtés, onze coprévenus et le Rassemblement national prendront place sur le banc des prévenus.
Neuf mois plus tôt, la cheffe de file des députés du RN était condamnée pour détournement de fonds publics par le tribunal correctionnel de Paris. Elle écopait de quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, et d’une peine d’inéligibilité de cinq ans assortie d’une exécution provisoire.
À deux ans de l’élection présidentielle, le verdict a eu l’effet d’un couperet : Marine Le Pen perdait alors le droit de s’y présenter. Depuis, la députée du Pas-de-Calais remue ciel et terre pour se débarrasser de cette peine qui hypothèque son avenir politique.
Ces derniers mois, Les Surligneurs ont décrypté ses différentes stratégies judiciaires et politiques. Mais à mesure que les options se referment, l’étau se resserre. À l’ouverture de ce procès en appel, Marine Le Pen s’avance peut-être pour jouer ses dernières cartes. Si la cour confirme l’inéligibilité assortie de l’exécution provisoire, la route de la présidentielle lui sera barrée.
Les audiences devraient s’achever le 12 février 2025, pour une décision attendue à l’été. D’ici là, une hypothèse s’impose en creux : celle d’un Rassemblement national contraint de lui trouver un autre visage pour 2027, à commencer par Jordan Bardella.
Comprendre : les enjeux du procès

Photo : Emmanuel Dunand / AFP
Le 30 septembre 2024 s’ouvrait le procès, en première instance, dit « des assistants parlementaires du Front national ». Procédure, chefs d’accusation, inéligibilité, Les Surligneurs avaient passé en revue les enjeux d’un procès majeur.
À la loupe : les infox qui brouillent le débat

Marine Le Pen, le 31 mars 2025. (Photo : Julien de Rosa / AFP)
Le 31 mars 2025, Marine Le Pen est condamnée en première instance à une peine de quatre ans d’emprisonnement, dont deux avec sursis, et à une peine d’inéligibilité de cinq ans assortie d’une exécution provisoire. La décision du tribunal correctionnel de Paris déclenchait une vague d’attaques virulentes contre l’institution judiciaire, alimentée par une désinformation juridique massive. Face à ces manipulations, Les Surligneurs ont opposé des analyses rigoureuses et factuelles. Retour sur une période d’intox et d’amalgames pour être préparé à de prochaines désinformations similaires.
Décryptage : la stratégie politique de Marine Le Pen cache-t-elle un calcul judiciaire ?

Marine Le Pen arrive au tribunal correctionnel de Paris pour son procès pour suspicion de détournement de fonds publics européens, à Paris, le 26 novembre 2024. (Photo : Anne-Christine Poujoulat / AFP)
À l’approche du vote de confiance du 8 septembre dernier, Marine Le Pen appelait à une dissolution « ultra-rapide » de l’Assemblée nationale. Mais derrière ce mot d’ordre politique se cachait peut-être un enjeu bien plus personnel : sa condamnation en première instance à l’inéligibilité avec exécution provisoire, qui la prive pour l’heure de toute candidature.
En toile de fond : les stratégies judiciaires de Marine Le Pen pour échapper à sa peine d’inéligibilité

Marine Le Pen lors d’une session de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, le 15 octobre 2025. (Photo : Alain Jocard / AFP)
Condamnée en première instance à de l’inéligibilité avec exécution provisoire pour « détournement de fonds publics » dans le cadre de l’affaire dite des assistants parlementaires du Front national, Marine Le Pen s’est démenée pour contourner cette peine qui l’empêche de se présenter à l’élection présidentielle en ponçant le système judiciaire jusqu’à ses limites.
Ce qui a changé : le Conseil constitutionnel a fermé une voie de recours pour Marine Le Pen

Marine Le Pen à l’Assemblée nationale, le 2 décembre 2025, pendant l’examen du projet de loi de finances. (Photo : Thomas Samson / AFP)
Le 5 décembre 2025, le Conseil constitutionnel a validé l’exécution provisoire de certaines peines, provoquant un nouveau revers dans la stratégie de Marine Le Pen pour se présenter à l’élection présidentielle. Cette décision renforce toutefois certaines exigences pour les juges et pourrait affecter de nombreuses condamnations futures.
