Non, un enseignant irlandais n’a pas été arrêté pour avoir refusé d’utiliser le pronom « iel » en cours
Autrice : Maïwenn Furic, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article :
aucun
Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste
Source : Compte Facebook, le 19 janvier 2026
Une vidéo montrant l’arrestation d’un professeur irlandais est devenue virale sur les réseaux sociaux. Alors que celui-ci clame avoir été arrêté pour sa lutte contre « l’idéologie transgenre », il a en réalité enfreint une décision du tribunal à son égard.
Un professeur irlandais arrêté après avoir refusé « d’utiliser le pronom ‘iel’ pour désigner un élève » ? Les images de l’arrestation d’un professeur sont devenues virales sur les réseaux sociaux.
Sur celles-ci, un homme est mis dans une voiture de police par deux officiers, non sans peine. « Enoch Burke, l’enseignant irlandais qui a déjà passé plus de 560 jours en prison, a été arrêté une nouvelle fois ce matin devant l’école Wilson’s Hospital », peut-on lire sur l’une des publications.
Enoch Burke a d’ailleurs lui-même partagé la vidéo de son arrestation sur ses réseaux sociaux, le 19 janvier dernier. « Ce matin, Enoch Burke a été arrêté par la Gardaí [la police nationale irlandaise, ndlr], forcé de monter dans une voiture de police et conduit à la Haute Cour de Dublin. Il a refusé d’obtempérer à la demande de la directrice, Niamh McShane, d’utiliser le pronom « iel » pour désigner un élève de sexe masculin. Aucun directeur d’établissement scolaire n’est en droit d’exiger une telle chose », détaille-t-il.
Mais en réalité, ce 19 janvier, le professeur n’a pas été arrêté pour son refus d’utiliser le pronom « iel », mais pour avoir enfreint une décision du tribunal. Explications.
Un professeur déjà suspendu
Cette fausse information a la peau dure, puisque Les Surligneurs avaient déjà consacré un article au sujet du même homme, et pour la même accusation. En septembre 2024, d’autres images circulaient sur les réseaux sociaux et affirmaient, déjà, que l’arrestation de l’enseignant était liée au fait qu’il n’ait pas voulu se plier aux injonctions de « l’idéologie transgenre ».
Les accusations étaient fausses : il avait été incarcéré après avoir enfreint une ordonnance lui interdisant de se rendre dans l’école dans laquelle il enseignait auparavant.
Et l’histoire se répète une deuxième fois. Ce 19 janvier, le professeur Enoch Burke a été arrêté puisqu’il a à nouveau désobéi à l’injonction du tribunal lui interdisant de se rendre devant son ancien établissement, la Wilson’s Hospital School, selon un jugement du 20 janvier consulté par Reuters.
L’homme avait été suspendu de ses fonctions en août 2022, justement après avoir contesté le nom et les pronoms choisis par un élève transgenre. Alors même que la direction avait transmis la consigne à tout le corps enseignant qu’il fallait désormais s’adresser à l’élève avec le pronom « iel », conformément à son choix.
Licencié par l’établissement à la suite d’une prise de parole publique, l’affaire a ensuite été portée devant la justice, qui a prononcé une interdiction pour l’intéressé de se rendre à proximité de l’établissement scolaire.
Quatre arrestations à son actif
Depuis, Enoch Burke n’a de cesse d’aller contre la décision du tribunal en se rendant à la Wilson’s Hospital School pour tenter de faire entendre ses idées. « Dans toutes les écoles du pays, une idéologie transgenre antichrétienne est imposée aux enfants. Les vrais chrétiens ne peuvent se soumettre à une telle idéologie. Dieu est clair : Il a créé l’homme et la femme », a-t-il encore écrit sur X.
« Je tiens à réaffirmer que M. Burke a été emprisonné pour outrage au tribunal, et non pour ses convictions religieuses », indique la décision rédigée par le juge Cregan et consultée par Reuters. « Comme je l’ai toujours dit, M. Burke est libre de clamer haut et fort son opposition à la transidentité. »
Il avait déjà été incarcéré quatre fois, dont la dernière en novembre 2025, pour les mêmes motifs, comme l’avait expliqué à l’époque la presse anglaise. Il avait été libéré le 14 janvier dernier afin de lui permettre de préparer une nouvelle audience devant une commission d’appel disciplinaire concernant son licenciement, a indiqué le Service des tribunaux d’Irlande à Reuters.
