Non, Marine Le Pen n’a pas été définitivement écartée de la présidentielle
Autrice : Maylis Ygrand, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste
Source : Compte Facebook, le 29 janvier 2026
Des internautes affirment que Marine Le Pen a été définitivement écartée de la présidentielle de 2027. Mais la cour d’appel n’a pas rendu sa décision.
Contrainte de se retirer ? Selon des publications, Marine Le Pen serait « définitivement écartée de la prochaine élection présidentielle ». Une information présentée comme « officielle » : « L’oligarchie financière sait depuis longtemps que le RN va gagner la prochaine élection, les élites financières se sont donc assurées que le futur président soit sous contrôle et c’est Jordan Bardella qui s’est assuré de leur soutien », analyse un internaute.
À l’appui de leurs propos, certains internautes partagent une vidéo de la députée du Pas-de-Calais qui semble sortir d’un tribunal. « Objectif atteint : elle a été condamnée à 5 ans », insiste la légende.
Si la cheffe de file des députés du Rassemblement national a été condamnée en première instance à quatre de prison dont deux avec sursis, 100 000 euros d’amende, et cinq ans d’inéligibilité assortie d’une exécution provisoire, dans l’affaire dite des assistants parlementaires du FN, son procès en appel est encore en cours et aucune condamnation n’a été prononcée.
En l’état du droit, elle reste donc présumée innocente et rien ne permet d’affirmer que son destin présidentiel est scellé, même si l’avenir s’est assombri après les réquisitions sévères des avocats généraux.
Réquisitions et non décision
Pour comprendre, rembobinons. Après sa condamnation en mars 2025, Marine Le Pen et plusieurs autres prévenus ont fait appel de la décision des juges de première instance. Un second procès a donc démarré le 13 janvier 2026.
Après des débats ayant mis en difficulté Marine Le Pen, selon plusieurs observateurs ayant couvert le procès, le parquet général de la Cour d’appel de Paris a requis une peine de quatre ans de prison dont trois avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité contre Marine Le Pen, le 3 février dernier.
Mais une réquisition ne vaut pas décision de justice. Le parquet, qui représente le ministère public, se borne à proposer une analyse juridique et une peine : il ne dispose pas du pouvoir de condamner.
Seuls les magistrats du siège, indépendants, ont compétence pour juger et prononcer une condamnation. Leur décision est attendue d’ici l’été et ils ne sont juridiquement pas tenus de suivre les réquisitions du parquet.
En plus d’erreurs juridiques, certains internautes utilisent des images datées pour étayer leurs affirmations. Grâce à une recherche d’image inversée, Les Surligneurs ont établi que la vidéo relayée a été tournée au palais de justice de Paris le 27 novembre 2024, lors des audiences de première instance. Il s’agit donc d’images anciennes, diffusées hors de leur contexte temporel.
