Municipales à Paris : Emmanuel Grégoire (union de la gauche) peut-il “moduler” les subventions aux écoles privées ?
Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
Relecteurs : Raphaël Matta-Duvignau, maître de conférences en droit public à l’Université Paris-Saclay
Jean-Paul Markus, professeur de droit public à l’Université Paris-Saclay
Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
Source : Programme d’Emmanuel Grégoire pour Paris
Emmanuel Grégoire veut moduler les dotations municipales aux écoles privées selon la mixité sociale. Mais en droit, la mesure se heurte à une limite : les financements obligatoires sont intouchables, et les aides facultatives ne peuvent être modulées que sous conditions strictes.
Dans son programme pour l’élection municipale à Paris, Emmanuel Grégoire veut mettre fin à « la ségrégation sociale » dans les écoles.
Pour ce faire, le candidat de la gauche veut moduler « les dotations financières de la Ville aux établissements privés sur des critères de mixité sociale et scolaire. Un système de bonus-malus récompensera ceux qui accueillent tous les enfants sans distinction, et pénalisera ceux qui sélectionnent les élèves au détriment de la mixité ».
Cette proposition doit être examinée en droit, car elle risque de heurter certaines règles.
Les dotations obligatoires intouchables
En matière de financement des écoles privées sous contrat d’association, la marge de manœuvre des communes est limitée. L’article L.442-5 du code de l’éducation consacre le principe du « forfait communal ». La commune doit prendre en charge les dépenses de fonctionnement des classes sous contrat dans les mêmes conditions que...
