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Le ministre de la Défense burkinabè, Célestin Simporé, a été aperçu à plusieurs reprises depuis le 28 février. Photo : Bamjo226 / Domaine public

Le ministre de la Défense burkinabè a-t-il été tué lors des bombardements sur Téhéran ?

Création : 11 mars 2026

Auteur : Nicolas Turcev, journaliste

Relecteur : Etienne Merle, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste

Source : Compte Facebook, le 6 mars 2026

Célestin Simporé, le ministre burkinabè de la Guerre, s’est rendu en Iran le 23 février pour renforcer le partenariat entre les deux pays. Selon des internautes, il aurait trouvé la mort cinq jours plus tard lors de l’offensive d’Israël et des États-Unis contre la République islamique. Faux : le responsable avait déjà quitté le pays au moment des premières frappes.

Un haut responsable burkinabè pris au piège de l’opération « Fureur épique » ? Selon plusieurs internautes, le ministre de la Défense du Burkina Faso, Célestin Simporé, aurait trouvé la mort lors des frappes israélo-états-uniennes sur Téhéran lancées le 28 février 2026.

« Le peuple est toujours sans nouvelles officielles de son ministre de la Défense, le général Célestin Simporé. Ibrahim Traoré [le chef de la junte militaire au pouvoir au Burkina Faso, ndlr] refuse d’annoncer sa mort tragique survenue lors des bombardements israéliens et américains le 28 février dernier », affirme un utilisateur de Facebook, le 6 mars 2026.

Pourtant, entre ces deux dates, Célestin Simporé a donné de nombreux signes de vie, comme l’ont déjà relevé nos confrères de FasoCheck. Les Surligneurs font le point.

Parti avant les frappes

Célestin Simporé s’est rendu en visite diplomatique à Téhéran le 23 février dernier dans le but de renforcer la coopération militaire entre le Burkina Faso et l’Iran, comme le rapportent Jeune Afrique et Africa Press. Le dignitaire a été reçu par son homologue iranien, Aziz Nasirzadeh, et par le président de la République Massoud Pezeshkian. La rencontre a fait l’objet d’un compte-rendu sur le site officiel du gouvernement iranien (archivé).

Le ministre burkinabè s’est-il éternisé dans la capitale jusqu’à ce que les premières bombes pleuvent, le 28 février ? Absolument pas. De nombreux documents prouvent que le diplomate avait déjà quitté le pays au moment de l’offensive israélo-états-unienne.

Dès le 26 février, Célestin Simporé était à Ouagadougou, la capitale de son pays, pour participer à des discussions avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont le Burkina Faso assure cette année la présidence. Le ministre de la Défense burkinabè est visible sur la photo de famille des hauts dignitaires qui ont fait le déplacement, publiée sur le site du ministère des Finances burkinabè. Célestin Simporé se situe au centre du cliché, en treillis orange et béret rouge.

On peut également l’apercevoir dans un reportage de la chaîne chinoise CGTN, qui a dépêché un reporter sur place, ainsi que dans une vidéo parue sur la chaîne YouTube du gouvernement burkinabè. De nombreux autres titres de presse se sont fait l’écho de cette rencontre, attestant nommément ou visuellement de la présence de Célestin Simporé (1, 2).

Aucune mention dans les documents officiels ou dans les médias ne fait état d’un éventuel retour en Iran de Célestin Simporé après le 26 février.

Par-delà le 28 février, le ministre est visible dans une communication officielle de son ministère datée du 3 mars : la veille, entouré d’officiers, Célestin Simporé aurait supervisé une cérémonie de montée de drapeaux à son ministère. Le responsable a également participé en chair et en os au conseil des ministres du 5 mars, comme en atteste le journal de la télévision publique burkinabè. En toute logique, le ministre de la Défense du Burkina Faso n’est donc pas mort le 28 février à Téhéran.