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La Fédération française d’équitation visée par une enquête après les révélations des Surligneurs

Image d'illustration. Libre de droit.
Création : 27 février 2026

Auteur : Etienne Merle, journaliste

Relecteur : Nicolas Turcev, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Etienne Merle, journaliste

Selon L’Équipe, la Fédération française d’équitation et le sélectionneur de l’équipe de France de dressage, Jean Morel, sont visés par une enquête de la gendarmerie d’Orléans. Celle-ci aurait été ouverte à la suite d’un signalement d’Anticor, dans le prolongement des révélations publiées par Les Surligneurs à l’été 2024.

Plus d’un an et demi après notre série d’enquêtes consacrées à la Fédération française d’équitation (FFE), L’Équipe révèle l’ouverture d’une enquête  visant la FFE et son sélectionneur de dressage, Jean Morel.

Selon le quotidien sportif, cette enquête ferait suite à un signalement déposé en avril 2025 par l’association Anticor auprès du parquet de Blois pour « prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et favoritisme ». Toujours selon L’Équipe, des gendarmes d’Orléans auraient adressé à la Fédération une réquisition afin d’obtenir des pièces comptables : les grands livres et les appels d’offres conclus entre 2018 et 2022.

Le signalement d’Anticor s’est appuyé sur le rapport de l’Agence française anticorruption (AFA), dont Les Surligneurs avaient révélé l’existence et le contenu à l’été 2024. Les contrôleurs y formulaient plusieurs critiques sur les dispositifs internes de prévention des atteintes à la probité, jugés « lacunaire[s] ».

Ils estimaient qu’« en l’état actuel des modalités d’achats, la FFE ne respecte ni les dispositions du code de commerce ni celles du code de la commande publique en matière de mise en concurrence ».

Des relations contractuelles

Le rapport s’attardait en particulier sur les relations contractuelles entre la Fédération et certaines sociétés de Jean Morel. Pour la saison 2020-2021, les rapporteurs relevaient que le service communication aurait été « à l’origine d’un bon de commande s’établissant à 82 000 euros » auprès de l’une de ses entreprises, alors qu’il était encore « salarié dans ce même service ». Une situation qui, selon l’AFA, « expose fortement juridiquement et médiatiquement la FFE ».

En 2024, Jean Morel contestait toute irrégularité. Interrogé par Les Surligneurs, il assurait n’avoir bénéficié d’aucun traitement de faveur : « Connaissant les jaloux qu’il y a dans ce milieu, je n’arrive pas comme ça en terrain conquis. Bien au contraire, j’ai toujours été regardé dix fois plus que les autres ».

Par la voix de son avocat, il soutient, auprès du journal l’Équipe, avoir « toujours respecté les procédures internes de la Fédération française d’Équitation et n’a jamais influencé la direction de la Fédération dans la conclusion de contrats ».

« Les sujets de transparence font partie des priorités »

De son côté, la Fédération française d’équitation niait également tout manquement auprès des Surligneurs en 2024 : « L’existence d’un contrat entre la Fédération et un salarié ou un ancien salarié ne constitue pas en soi une infraction et des procédures existent au sein de la FFE pour se prémunir d’infractions : prise de décision collégiale, rédaction de cahier des charges, contrôles comptables, procédures de paiement, etc. »

Interrogé par L’Équipe, le président de la FFE, élu en 2024, Frédéric Bouix, affirme que « la vie d’une fédération, c’est d’être dans les clous, et les sujets de transparence font partie des priorités de mon mandat. Les sujets liés à la « compliance » prennent de plus en plus de bande passante, on s’y soumet avec nos moyens et un maximum d’efforts. »

À ce stade, l’ouverture d’une enquête ne constitue pas une qualification pénale des faits. Elle vise à déterminer si les éléments signalés sont susceptibles de constituer une infraction.