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20 à 40 millions de pneus ont été entreposés dans un site à Saibaliya, au Koweït, avant qu'il ne soit nettoyé en 2021. Photo : Capture d'écran Facebook

Koweït : l’immense cimetière de pneus n’existe plus

Création : 15 janvier 2026

Auteur : Nicolas Turcev, journaliste

Relecteur : Etienne Merle, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste

Source : Compte Facebook, le 9 janvier 2026

Des images montrant une grande colonne de fumée noire s’élevant d’une mer de pneus inquiètent plusieurs internautes. Mais la scène, qui a bien eu lieu, date de 2021. Le site a depuis été nettoyé.

L’image donne envie de tousser : dans un décor désertique, un gigantesque panache de fumée noire s’élève dans un ciel bleu, tandis qu’au premier plan, des pneus jonchent le sol à perte de vue. « Voici le plus grand cimetière de pneus au monde, situé au Koweït », indique un internaute, le 9 janvier 2026. Il ajoute que « ce feu brûle en permanence et est visible depuis l’espace ».

Ce cliché qu’on dirait tout droit sorti d’un film post-apocalyptique est bien authentique… Mais il date d’il y a bientôt cinq ans, comme l’avaient déjà relevé nos confrères de TF1 en 2023. Le site a depuis été nettoyé.

Entre 20 et 40 millions de pneus

La scène s’est produite à Sulaibiya, au Koweït, dans le gouvernorat d’Al Jahra, en avril 2021, selon Les Observateurs de France 24, mais les images ne sont devenues virales qu’au mois d’août de la même année.

Des images satellitaires révèlent que la zone a été utilisée comme déchetterie pour pneus au moins depuis 2006. En 2020, le site comptait entre 20 et 40 millions de pneus selon le directeur de l’Agence de protection de l’environnement du Koweït, cité par Gulf News.

Le quotidien émirati rapportait que plusieurs feux se sont déclarés sur le site de Sulaibiya, suscitant l’inquiétude des autorités. En 2012, un incendie a consumé plus de cinq millions de pneus – une véritable catastrophe environnementale.

Image satellitaire d’un incendie en cours dans le cimetière de pneus de Sulaibiya, au Koweït, le 12 janvier 2021. Photo : Google Earth / Maxar Technologies

 

Lorsque des pneus brûlent, ils libèrent des substances toxiques extrêmement nocives dérivées du pétrole, les hydrocarbures aromatiques polycycliques, dont certains sont cancérigènes. Les produits de la combustion polluent également les sols et l’eau à proximité.

Si les feux de pneus sont très difficiles à maitriser en raison de la faible conduction thermique du caoutchouc – une matière qui met du temps à refroidir – ils ne sont pas pour autant inextinguibles, contrairement à ce qui est affirmé sur les réseaux sociaux.

L’une des techniques recommandées par l’Agence états-unienne de protection de l’environnement est de recouvrir les pneus avec de la boue ou d’autres matériaux de colmatage, comme du sable.

Le site vidé en 2021

Le site de Sulaibiya, lui, ne présente plus de danger immédiat : le site a été vidé de ses déchets il y a bientôt cinq ans. Pour remédier au danger environnemental, les autorités koweïtiennes ont mis en place, à partir de 2021, un vaste plan de recyclage impliquant le transport de 42 millions de pneus vers une usine de traitement des déchets, tandis que cinq autres millions ont été exportés, selon Reuters.

Image satellitaire du cimetière de pneus de Sulaibiya vidé de ses déchets, le 8 janvier 2022. Photo : Google Earth / Maxar Technologies

 

Des images satellitaires confirment que le site a été vidé de l’essentiel de ses déchets dès le mois d’août 2021. Une situation toujours observable au 14 janvier 2026. Si le gouvernement koweïtien a annoncé son souhait de bâtir 25 000 habitations sur l’ancien site du cimetière de pneus, aucun signe évident supposant l’existence d’un large chantier de construction n’est discernable sur les clichés satellites les plus récents.