Attention à cette supposée image de Cilia Flores au tribunal
Autrice : Maylis Ygrand, journaliste
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste
Source : Compte Facebook, le 8 janvier 2026
Des internautes partagent une prétendue image de la femme de Nicolás Maduro, Cilia Flores, prise dans un tribunal à New York, le 5 janvier 2026. Sauf que cette photographie ne montre pas l’épouse de l’ancien président vénézuélien et a très certainement été générée au moyen d’une intelligence artificielle.
Une photographie de l’épouse de Nicolás Maduro au tribunal aurait-elle fuité ? Deux jours après leur capture au Venezuela, l’ancien président vénézuélien, Nicolás Maduro, et sa femme, Cilia Flores, ont comparu, le 5 janvier 2026, devant un tribunal à New York. Durant l’audience, ils ont plaidé non-coupables des faits de narcoterrorisme dont l’administration états-unienne les accuse.
Alors que les caméras y étaient interdites, des internautes relaient pourtant sur les réseaux sociaux une supposée photographie de Cilia Flores, apparaissant l’œil tuméfié au tribunal. Certains ajoutent qu’aucune féministe n’aurait condamné « cette agression physique contre l’épouse du Président Nicolas Maduro ».
Mais l’image ne montre pas la femme de Nicolás Maduro et a très probablement été générée par le biais d’une intelligence artificielle.
Le jeu des différences
Face à la viralité de la photographie, Les Surligneurs n’ont pas réussi à remonter jusqu’à la publication originale. En revanche, si l’image inonde la toile, elle n’est reprise que sur les réseaux sociaux. Aucun média n’a partagé l’image en question. Pourtant, si une photographie de cette audience pour le moins hors du commun avait fuité, elle aurait certainement été massivement partagée par la presse internationale comme cela a été le cas pour les photos prises à l’arrivée du couple à Manhattan.
Si l’audience n’a pas été filmée, quelques dessins de presse du passage de Cilia Flores devant le juge ont été publiés (comme ici ou ici). Or, ces derniers ne correspondent pas à la photographie relayée sur les réseaux sociaux. Tout d’abord, sur les croquis, Cilia Flores porte une combinaison de détenu bleue et orange. Alors que sur l’image postée par les internautes, elle semble habillée d’une veste bleue ainsi que d’un chemisier rouge. Autre détail qui a son importance : les cheveux de la femme de l’ancien président.
Sur plusieurs photographies prises le même jour, il est possible de voir que Cilia Flores arbore des cheveux blonds. D’ailleurs les différents dessins de presse de l’audience présentent bien sa claire chevelure coiffée en chignon. Mais les posts présentent, eux, une femme aux cheveux auburn.
Enfin, comme l’ont relaté de nombreux médias et comme il est possible de le voir sur les croquis, Nicolás Maduro et Cilia Flores étaient chacun dotés d’un casque pour la traduction. À nouveau, cet élément diverge de la photographie. Sur cette dernière, les appareils en question sont absents.
Une origine probablement artificielle
Au vu de ces différents éléments, Les Surligneurs en ont déduit, comme de nombreux médias (comme ici, ici ou là), que cette photographie ne montre pas Cilia Flores lors de l’audience du 5 janvier 2026.
Un élément pourrait même indiquer qu’elle est d’origine artificielle. En effet, le bandage que la femme porte au front recouvre également une partie de ses cheveux.
Par contre, si ce pansement n’est pas réel, les blessures de Cilia Flores le sont. Comme l’ont relaté de nombreux médias (comme ici ou là) et l’atteste un dessin de presse effectué lors de l’audience, la femme de l’ancien président du Venezuela s’est présentée au tribunal avec plusieurs blessures.
D’après des propos rapportés par CNN, l’avocat de Cilia Flores a déclaré au juge qu’elle avait « subi des blessures importantes » lors de son enlèvement. L’administration Trump aurait également déclaré à la chaîne de télévision que les époux se seraient cognés en fuyant les forces états-uniennes, sans pour autant que ces éléments aient été vérifiés par des médias indépendants.
