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Photo : Tiia Monto (CC BY-SA 3.0)

Attention à ces publications affirmant que la journaliste Marine Vlahovic a été tuée

Création : 31 mars 2026

Autrice : Maylis Ygrand, journaliste

Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste

Source : Compte Facebook, le 19 mars 2026

Des internautes insinuent que la journaliste Marine Vlahovic aurait été tuée pour son travail sur le conflit israélo-palestinien. Sa mort remonte en réalité au mois de novembre 2024 et le parquet a écarté la piste criminelle.

Marine Vlahovic « savait admirablement trouver les petites histoires pour raconter la grande ». Le 25 novembre 2024, la journaliste est retrouvée morte sur le toit-terrasse de son appartement à Marseille et les hommages, comme celui de RFI, se multiplient dans les médias. Le monde du journalisme salue la mémoire d’une consœur, reconnue pour sa couverture du Proche-Orient et notamment de Gaza.

Mais, près d’un an et demi plus tard, des publications relaient, de nouveau, son décès. « La journaliste française Marine Vlahovic a été retrouvée morte à son domicile à Marseille », annonce un internaute. Sans la mention d’une quelconque date, ces posts laissent à penser que Marine Vlahovic serait morte récemment. Des internautes vont plus loin en dévoilant une date fausse.

Certains ajoutent également que, lors de son décès, « elle tournait un documentaire sur la guerre génocidaire d’Israël contre la bande de Gaza assiégée ». D’autres accusent même Israël et le Mossad d’être à l’origine de sa mort.

Sauf qu’aucun élément ne permet d’affirmer qu’il s’agirait d’un crime.

Une enquête qui n’a jamais privilégié la piste criminelle

Pour mieux comprendre, revenons au 27 novembre 2024. Ce jour-là, l’annonce de son décès est relayée dans les médias. Dès ce moment, et selon de premières informations, recueillies par La Provence, une source policière aurait confié qu’ « aucun élément n’indiqu[ait] la piste criminelle ». Quelques jours plus tard, le parquet dévoile que « l’autopsie de la victime permet d’exclure à ce stade l’intervention d’un tiers », relaie le quotidien. L’enquête est néanmoins encore ouverte et des analyses toxicologiques sont en cours.

En parallèle, un autre narratif s’écrit sous la plume de certains médias et des réseaux sociaux. L’agence de presse turque Anadolu décrit ainsi le décès comme « suspect », sans pour autant étayer cette qualification. Sur les réseaux sociaux, des publications insinuent que les services du renseignement israélien seraient à l’origine de la mort de la journaliste.

Toujours selon eux, Marine Vlahovic était « en train de réaliser un documentaire sur le génocide à Gaza et s’apprêtait à faire des révélations ». Ce projet  serait, d’après eux, la raison pour laquelle elle aurait été tuée. Mais, les publications, récentes comme anciennes, ne contiennent aucune preuve soutenant ces allégations.

« La piste criminelle a tout à fait été écartée »

Au contraire, contacté par Les Surligneurs, le parquet de Marseille indique que « l’enquête a été classée sans suite (pour absence d’infraction) le 28 octobre 2025 » car « la piste criminelle a tout à fait été écartée ».

Face à ces allégations, le père de Marine Vlahovic a également confirmé, à nos confrères d’Euronews, que « [s]a fille n’avait pas été tué ». Auprès de Libération, la famille a également communiqué plusieurs éléments concernant les conclusions de l’enquête.

Tout d’abord, « dans l‘immeuble où elle habitait, des caméras étaient installées dans la cage d’escalier, ainsi qu’une donnant sur la rue. L’examen des images vidéo a été réalisé par la police judiciaire de Marseille, validé ensuite par les services du procureur de la République de Marseille ». Or, « selon le procès verbal de l’enquête diligentée par le procureur, il n’y a eu “aucune entrée ni sortie d’une personne étrangère à l’immeuble” », a indiqué la famille à nos confrères. De plus, l’autopsie n’a pas « mis en évidence de lésion traumatique suspecte de violence ayant participé au décès ».

Quant au prétendu mobile avancé par certains internautes — un documentaire en cours sur Gaza comportant des « révélations » —, une amie de Marine Vlahovic, la productrice Milena Peillon, a démenti cette rumeur auprès de Libération. Selon cette dernière, la journaliste était en « phase de repérage » concernant un projet portant sur des Gazaouis ayant quitté l’enclave.

Aucun élément ne permet donc d’affirmer que Marine Vlahovic aurait été tuée. Prudence donc concernant les allégations qui circulent à ce propos sur la toile.