Management toxique à Centrale Nantes, des doctorants brisent le silence
Dernière modification : 19 février 2025
Auteur : Etienne Le Page (Mediacités)
Le mot des Surligneurs : Jean-Baptiste Thierry, professeur de droit pénal, université de Lorraine, codirecteur scientifique des Surligneurs
Jean-Paul Markus, professeur de droit public, université Paris-Saclay, codirecteur scientifique des Surligneurs
Cet article a été publié le 30 janvier 2025 sur le site de notre partenaire Mediacités et édité pour les lecteurs des Surligneurs.
Au sein de la prestigieuse école, des étudiants dénoncent auprès de Mediacités le « harcèlement moral » dont ils auraient été victimes de la part de deux directeurs de thèse. Plusieurs fois alertée depuis 2017, la direction de l’institution nantaise a lancé une enquête interne en février dernier, sans pour autant entamer de procédure administrative envers les enseignants chercheurs concernés.
«Le jour de ma soutenance, j’étais en arrêt de travail et sous antidépresseurs. » En 2022, sa trentaine d’années et son BAC+8 n’ont pas empêché Benoît de sombrer. Doctorant de Centrale Nantes, il est l’un des anciens étudiants de la prestigieuse école d’ingénieurs rencontrés par Mediacités qui ont eu à affronter des violences psychologiques au sein de leur unité de recherche : la plateforme RapMan.
Au moins 8 doctorants sur les 17 qu’a compté cette unité de recherche depuis 2017, décrivent avoir subi ces violences, ayant entraîné des symptômes dépressifs. Au sein de cette plateforme “Rapid Manufacturing”, spécialisée dans la fabrication additive, procédé novateur plus connu sous le nom d’« impression 3D », au moins quatre étudiants ont été arrêtés par leur médecin pendant leur doctorat suite à un épuisement au travail. Fait rare, un doctorant a même été contraint d’abandonner sa...