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Un préparateur pharmacien prépare une dose de vaccin Pfizer-BioNTech Covid-19, en octobre 2025. Photo : Patrick T. Fallon / AFP

Les vaccins contre le Covid-19 qualifiés « d’armes biologiques » dans un tribunal ?

Création : 18 mai 2026

Autrice : Maïwenn Furic, journaliste

Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste

Source : Compte X, le 30 avril 2026

Si certains tentent toujours de faire classer les vaccins contre le Covid-19 comme étant des « armes biologiques », comme le montrent plusieurs publications virales, il ne s’agit que du relai de théories antivax. Aucun tribunal n’a statué en ce sens.

« Pour la première fois, les vaccins COVID sont qualifiés d’ ‘armes biologiques’ devant un tribunal ! » Cette affirmation est devenue virale ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Avec la découverte d’un foyer de hantavirus et les questions qui vont avec sur la gestion sanitaire à lui accorder, le débat sur la vaccination est relancé. « Ce qui était considéré comme une « conspiration » est maintenant une preuve devant le tribunal », peut-on lire sur les publications aux quelques dizaines de milliers de vues.

« Dans un procès historique aux Pays-Bas, les injections d’ARNm contre la COVID-19 sont qualifiées d’armes biologiques militaires pour la première fois en Europe », détaillent des internautes sur Facebook. Toutes ces publications partagent également une vidéo de plus de six minutes sur laquelle un avocat s’exprime en anglais. Selon certains internautes, il s’agirait de l’avocat Peter Stassen, qui « représente des citoyens ayant subi des préjudices suite à ces injections contre les architectes du Grand Reset [un ouvrage économique interprété de façon fallacieuse par des théoriciens du complot, ndlr] ».

Des vaccins contre le Covid-19 ont vraiment été qualifiés d’ « armes biologiques » devant un tribunal, mais pas par un tribunal. Ces témoignages n’ont aucune valeur juridique. Explications.

Des plaintes de citoyens contre une « Grande Réinitialisation »

La vidéo partagée sur les réseaux sociaux montre bien l’avocat néerlandais Peter Stassen qu’on peut identifier sur plusieurs de ses interviews. Il représente, comme le montrent des communiqués qu’il a signés, plusieurs citoyens qui ont déposé plainte et affirment qu’ils ont été libérément trompés et poussés à se faire vacciner contre le Covid-19 alors que ces injections n’étaient, selon eux, pas sûres et efficaces. 

Ces particuliers avaient donc initié une procédure civile contre Bill Gates, Albert Bourla et Klaus Schwab, respectivement homme d’affaires, PDG de Pfizer et organisateur du forum de Davos. Mais, comme l’avaient déjà expliqué Les Surligneurs, il ne s’agit pas d’un procès pénal.

Devant le tribunal, comme dans la vidéo partagée sur les réseaux sociaux, l’avocat plaide pour ses clients, et relaie donc leurs théories, lors d’une audience préliminaire de cette procédure civile. En aucun cas, la justice ne statue en faveur de ce discours ni ne reprend leurs termes d’ « armes biologiques ».

Dans son discours, l’avocat répète les propos de Joseph Sansone, un hypnotiseur floridien antivax qui relaie de nombreuses théories complotistes concernant le Covid-19 et les vaccins d’une manière générale. Joseph Sansone avait rédigé un document à l’attention des élus états-uniens dans l’optique qu’ils le reprennent en tant que projet de loi. Il y désigne certains vaccins et traitements médicaux, dont ceux à ARN messagers, comme des « armes de destruction massive », et ferait de leur possession ou de leur administration un crime passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison.

Des élus républicains tentent de criminaliser les vaccins à ARNm

Certains élus républicains avaient tenté de faire adopter des résolutions en ce sens, de New York au Minnesota, comme le rapportait le New York Times il y a un an.

Des initiatives de ce type ont été discutées notamment dans le Montana, l’Idaho ou l’Iowa, mais elles ont été rejetées, abandonnées ou n’ont pas abouti sous leur forme initiale. Dans le Montana, le projet criminalisant l’administration de vaccins ARNm a été rejeté, comme l’écrit le média Axios. Dans l’Iowa de nombreuses versions avaient existé, allant de l’amende contre les administrateurs des injections, à la responsabilité des fabricants, mais là encore, aucune interdiction n’a été votée. Dans l’Idaho il s’agissait d’un projet de moratoire sur l’interdiction temporaire de ce même type de vaccin, il a été discuté mais pas adopté, toujours selon Axios. 

En revanche, dans ce même État, une loi dite de « Medical Freedom » a été adoptée en 2025, comme le rapporte Axios. Celle-ci interdit aux écoles, entreprises, mais aussi au gouvernement de refuser un service ou un accès à des personnes sur des critères d’une « intervention médicale », incluant donc les vaccins. 

Au niveau fédéral, une partie des financements publics alloués aux vaccins à ARNm a été réduite en 2025, comme l’écrivait Reuters

Malgré les tentatives de plusieurs élus et malgré le scepticisme de l’administration Trump et de son ministre de la Santé antivax, pour le moment, aucun État états-unien n’a adopté de loi qualifiant  d’ « armes biologiques » les vaccins à ARN messager. De la même façon, aucun tribunal n’a « reconnu » un tel qualificatif et il n’y a pas eu d’interdiction de leur commercialisation.