Attention à cette vidéo montrant l’agression d’un militant Reconquête qui date de 2022
Autrice : Maylis Ygrand, journaliste
Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Maylis Ygrand, journaliste
Source : Compte Facebook, le 15 février 2026
Depuis quelques jours, des internautes relaient massivement une vidéo montrant une agression supposément récente d’un militant Reconquête. Mais les faits sont, en réalité, datés.
« Allez, casse-toi ! » Depuis quelques jours, une vidéo qui semble montrer une récente agression est massivement partagée sur les réseaux sociaux. À en croire des internautes, il s’agirait d’ « un militant du parti d’extrême droite Reconquête [qui] a été pris à partie en pleine journée sur un marché de Tours [Indre-et-Loire, ndlr] ».
Sur les images, un homme arrache les tracts d’un militant politique et les jette sur lui, avant de faire la même chose avec sa casquette. Puis, il lui crache dessus.
Mais, si cette vidéo est réelle, les faits sont, eux, datés.
Des faits datés
Grâce à une recherche d’image inversée, Les Surligneurs ont retrouvé plusieurs publications relayant cette vidéo qui datent du… 3 avril 2022.
À l’époque, les faits, qui se sont bien déroulés à Tours, avaient fait l’objet de plusieurs articles de presse (comme ici ou là).
La Nouvelle République rapportait alors que le soutien zemmouriste, ainsi que deux autres militantes présentes sur place, avaient porté plainte le lendemain. « Une enquête est ouverte pour identifier le ou les auteurs de ces faits », avait indiqué à cette époque le parquet de Tours au Figaro.
Contacté par la rédaction, le parquet n’avait pas encore répondu aux Surligneurs quant aux suites données à ces plaintes, lors de la publication de cet article.
En 2022, de nombreux internautes avaient affirmé avoir reconnu la personne sur la vidéo comme un militant antifasciste. Cependant, cette identité n’a jamais été confirmée et Les Surligneurs n’ont trouvé aucun élément qui confirmerait ces spéculations.
Une vidéo utilisée après la mort de Quentin Deranque
Quatre ans plus tard, cette vidéo est utilisée pour alimenter un narratif particulier envers la mouvance antifasciste. Certains souhaiteraient qu’elle soit reconnue par les autorités comme une organisation « terroriste » — comme elle l’est aux États-Unis depuis septembre dernier. Le 15 février 2026, Jean Messiha, candidat Reconquête à la mairie d’Évreux, écrivait ainsi sur ses réseaux sociaux : « La mouvance antifas doit être dissoute et classée comme organisation terroriste », avant d’ajouter « il faut EXTERMINER l’extrême-gauche ».
Cette réaction fait suite à la mort de Quentin Deranque, le 14 février 2026 à Lyon. Deux jours plus tôt, ce militant d’extrême droite avait été passé à tabac.
Mardi 17 février, le procureur de Lyon, Thierry Dran, a fait savoir à l’AFP, relayée par Le Monde, que neuf personnes ont été interpellées, dans le cadre de l’enquête sur la mort de Quentin Deranque. Selon Libération, une source aurait précisé à l’AFP que des hommes interpellés seraient proches de la mouvance « d’ultragauche ».
Parmi les personnes interpellées figure un assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault. Dans un post X publié mardi 17 février, ce dernier a indiqué que : « Dès hier [lundi, ndlr] avant d’apprendre son interpellation ce soir, nous avons engagé auprès des services de l’Assemblée les procédures pour mettre fin à son contrat. À l’enquête désormais de déterminer les responsabilités. »
Le 16 février, le parquet de Lyon appelait à la prudence concernant les rumeurs circulant sur le profil des auteurs et leur degré d’implication dans la mort de Quentin Deranque. « À ce stade, l’enquête cherche à identifier l’ensemble des auteurs directs des faits criminels, en se basant non pas sur des rumeurs, mais sur des éléments recueillis lors des investigations de police », avait indiqué le procureur de la République de Lyon, lors d’une conférence de presse au sujet de l’enquête ouverte à la suite de l’agression mortelle de Quentin Deranque.
