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Photo : Edgar Beltrán, The Pillar - Own work, CC BY-SA 4.0

Une rencontre avec Emmanuel Macron a-t-elle été refusée par le pape Léon XIV à cause de divergences d’opinions ?

Création : 26 janvier 2026

Autrice: Maïwenn Furic, journaliste

Relectrice : Clara Robert-Motta, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste

Source : Compte Facebook, le 20 janvier 2026

Selon plusieurs publications sur les réseaux sociaux, le pape Léon XIV aurait annulé sa rencontre avec Emmanuel Macron en raison de désaccords et leur relation serait même « détestable ». En réalité, si aucune audience privée n’a eu lieu, ce serait simplement une question d’agenda.

Moqué par Donald Trump et à présent éconduit par le pape ? Selon plusieurs publications sur les réseaux sociaux, le pape Léon XIV aurait annulé sa rencontre prévue avec Emmanuel Macron en ce mois de janvier. « Ancien secrétaire au dicastère pour la culture, Mgr Pagazzi rapporte le refus du Saint-Père de recevoir E. Macron en audience privée début janvier », peut-on lire sur un post Facebook. En cause, plusieurs décisions qui n’auraient pas plu au souverain pontife.

À en croire la publication, qui cumule plus de 5 000 likes en seulement quatre jours, le changement des vitraux de Notre-Dame « serait perçu comme ‘un travestissement’ par le Pape ». Également en cause la proposition de loi sur la fin de vie, que Macron a évoqué comme une priorité dans ses vœux pour l’année 2026. Il s’agirait de « lois iniques d’euthanasie qui ne respectent pas la vie même en sa dernière heure » pour Léon XIV. Mgr Giovanni Cesare Pagazzi décrirait même le climat entre le pontife et le président français comme « détestable », toujours selon les publications.

Et d’ajouter : « Que Macron démissionne, il est terminé. Son idéologie mondialiste aussi ». Plusieurs personnalités opposées au président n’ont pas manqué de commenter cette rumeur, comme François Asselineau et Gilbert Collard.

Mais en réalité, si les deux hommes ne se sont pas rencontrés, cela n’aurait rien à voir avec une relation « détestable » ou les désaccords évoqués dans les publications. Explications.

Un « rendez-vous en cours de montage »

Il est vrai que, depuis l’élection du pape Léon XIV, en mai 2025, il n’a jamais rencontré le président français, mais il s’agirait d’une simple question de compatibilité des agendas. Selon le correspondant permanent du journal La Croix à Rome, deux projets d’audience privée avaient été évoqués. Tout d’abord en octobre dernier, puis en janvier. Et toujours selon leurs informations, celles-ci n’avaient pu se faire en raison de contraintes d’agenda.

Ce motif a été confirmé par le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères sur X, qui avance que le « rendez-vous (est) en cours de montage ». « La diplomatie peut beaucoup de choses. Mais aligner l’agenda du Pape et celui du Président reste l’un des plus grands mystères… », ont-ils ironisé.

Les publications virales sur les réseaux sociaux sont arrivées jusqu’au Vatican, qui les a également démenties. Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a affirmé que la rumeur était « complètement fausse ». Il a d’ailleurs assuré avoir contacté Mgr Giovanni Cesare Pagazzi, à qui sont attribués les propos partagés. Ce dernier a affirmé ne jamais rien avoir dit de tel. 

Plusieurs médias, comme TF1, Franceinfo et France24, ont déjà publié des conclusions similaires.

En ce qui concerne la proposition de loi sur la fin de vie, l’Église n’a jamais caché son désaccord. Les évêques français ont d’ailleurs réaffirmé leur opposition au texte, ce 20 janvier, alors qu’il fait son retour au Sénat. Ils dénoncent une proposition « qui va à l’encontre des valeurs fondamentales de la dignité et de la fraternité ». Mais le pape lui-même n’a pas commenté ce texte. Il n’a d’ailleurs pas vocation à le faire et ainsi à entrer dans le débat politique d’un pays. Quant aux vitraux de la cathédrale Notre-Dame de Paris, aucune prise de position non plus n’a été publiquement partagée.