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Brigitte Macron lors du lancement de l'opération Pièces Jaunes en 2022 à la Poste du Louvre. Photo : Mélanie Praquin - Own work, CC BY-SA 4.0

« Je m’appelle Brigitte et je suis morte en 1960 » : cet extrait de Brigitte Macron au JT a été tronqué

Création : 14 janvier 2026

Autrice : Clara Robert-Motta, journaliste

Relectrice : Maylis Ygrand, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Clara Robert-Motta, journaliste

Source : Compte Facebook, le 5 janvier 2026

Une publication sur les réseaux sociaux reprend de façon trompeuse une citation de Brigitte Macron lors de son passage au journal télévisé de TF1 dans lequel elle explique les théories des personnes qu’elle a attaquées en justice.

Tout est bon pour faire du buzz… quitte à ne citer qu’une phrase dans une interview de sept minutes. 

Sur Facebook et Instagram, un extrait de Brigitte Macron sur le plateau du journal télévisé du 20 heures de TF1 a fait le buzz avec une légende qui y est pour beaucoup : « ‘Je m’appelle Brigitte et je suis morte en 1960.’ Une phrase troublante, presque irréelle, lâchée en direct au journal de 20 heures. Face aux caméras de TF1, Brigitte Macron a livré sa propre explication, avec un mélange d’ironie et de lassitude, aux rumeurs tenaces qui courent sur elle depuis des années et selon lesquelles elle serait… un homme », écrit un compte. 

Sauf que la légende est trompeuse. Cette citation de Brigitte Macron ne correspond pas à « sa propre explication », comme le dit la publication, mais elle rapporte une théorie qui n’est pas la sienne et qu’elle dément formellement. 

Une interview après l’affaire des « sales connes »

L’extrait est issu de l’interview de Brigitte Macron et Didier Deschamps, le 4 janvier 2026, au JT du 20h de TF1, disponible en intégralité sur la chaîne. Les deux étaient invités en tant que présidente et parrain de l’opération, Pièces jaunes, à l’occasion du lancement de la campagne 2026. Selon les versions de la publication, (ici et ici) l’extrait ne montre même pas la citation, relayée sur les réseaux sociaux, de Brigitte Macron.

Durant l’interview, la journaliste est revenue sur la polémique qui avait éclaté après la diffusion d’une vidéo montrant la Première dame traiter de « sales connes » les manifestantes qui protestaient contre la tenue du spectacle d’ Ary Abittan. Ce dernier avait été accusé de viol et mis en examen, mais il a bénéficié par deux fois d’ordonnances de non-lieu. Il reste donc présumé innocent.

Pour répondre à la question de la journaliste, Brigitte Macron explique que « nous ne sommes pas des juges, et quand on a recours à la justice, […] le jugement ne va pas forcément être adéquat à ce qu’on voulait ». Et d’ajouter : « Je le sais parce que moi j’ai recours aussi à la justice. [Mais la justice] a étudié nos dossiers, c’est très important, et ça je le respecterai, je respecterai toujours les décisions de justice. »

« Les deux femmes qui sont en train de jouer avec ma généalogie »

C’est alors que la journaliste rebondit sur les différentes procédures judiciaires liées à la fausse information transphobe qui dit que la Première dame serait une personne trans. « C’est un des jugements, précise Brigitte Macron. Demain [le 5 janvier 2026 huit personnes ont été condamnés à des peines de prison avec sursis, ndlr] c’est le harcèlement, le cyber-harcèlement. Après j’en ai un autre contre les deux femmes qui sont en train de jouer avec ma généalogie en prétendant que je suis un homme », liste-t-elle. 

Selon les personnes mises en cause, « il y a deux versions. Soit je suis née homme, soit je suis née Brigitte, je suis morte en 1960, et c’est mon frère qui est devenu femme », explique la femme du chef de l’État.

Il ne s’agit donc en rien de la version de Brigitte Macron, contrairement à ce qu’écrivent, de façon trompeuse, des internautes, mais bien de celle des personnes mises en cause au procès. Une théorie avec laquelle elle s’inscrit, évidemment, en faux dans la suite des propos. 

La Première dame continue en listant son procès contre Candace Owens, aux États-Unis, ainsi qu’un procès contre des personnes ayant modifié le genre de Brigitte Macron sur le site des impôts.

 

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