L’UE a-t-elle vraiment créé une nouvelle taxe pour les pêcheurs de loisir ?
Auteur : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
Relecteur : Etienne Merle, journaliste
Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun
Secrétariat de rédaction : Guillaume Baticle, journaliste, doctorant en droit public à l’Université de Poitiers
Source : Publication Facebook, 9 janvier 2026
Nouvelle taxe ou mesure répressive ? Les Surligneurs font le point sur l’obligation européenne de déclarer certaines prises de pêche de loisir, pour éviter de mordre à l’hameçon de la désinformation.
À la pêche à la désinformation, Les Surligneurs ont fait une belle prise. Ce 10 janvier aurait dû entrer en vigueur une obligation de déclarer les poissons pêchés pour le plaisir. Certains pêcheurs récréatifs à la recherche de poissons protégés devront s’enregistrer via une application développée par la Commission européenne, et déclarer leurs prises le jour même de la sortie en mer.
L’idée, selon le ministère en charge de la Mer et de la Pêche, est « d’améliorer la connaissance sur les pratiques de pêche et sur l’état des ressources de poissons ». Malgré un retard dans l’application de cette nouvelle règle, qui est toujours prévue, les réactions n’ont pas manqué, mais avec quelques inexactitudes.
Pas de taxe prévue
Certains internautes dénoncent une « nouvelle taxe » de la part de l’Union européenne. Mais cette affirmation est incorrecte.
L’article 55 du règlement en question prévoit que « les personnes physiques exerçant des activités de pêche récréative soient enregistrées et qu’elles consignent et communiquent les données concernant leurs captures au moyen d’un système électronique ».
Il ne s’agit donc que d’une obligation de déclaration, les pêcheurs de loisir ne trouveront pas de taxe au bout de leur ligne.
Qui est concerné ?
Toujours selon le gouvernement, seule la pêche maritime récréative des poissons dits « sensibles », comme les lieus jaunes, les bars, les thons rouges, les dorades roses et les dorades coryphènes, est concernée. Et l’obligation concerne uniquement la pêche maritime, il ne s’agira donc pas de déclarer les gardons pris un dimanche dans un étang.
Pas de sanction dans l’immédiat
D’autres internautes dénoncent la dureté de la mesure. Selon une publication sur les réseaux sociaux, si l’on ne déclare pas ses prises « de suite, on prend une amende ». Si le règlement européen parle d’un « régime de sanctions approprié en cas de non-respect », il laisse aux États le choix du mode de sanction.
Les premières annonces gouvernementales préviennent que des sanctions, comme les amendes prévues par le code rural et de la pêche maritime, seront distribuées en cas de non-respect de l’obligation. Toutefois, le ministère précise qu’en « 2026, la priorité sera à l’accompagnement et à l’explication », les sanctions ne tomberont qu’en cas de récidive.
Les amendes ne tomberont donc pas dès l’entrée en vigueur du dispositif, si celle-ci n’est pas de nouveau reportée. À ce stade, la mise en œuvre de la mesure a été repoussée à une date indéterminée.
