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L'ayatollah Ali Khamenei, à droite, reçoit le désormais président déchu de la Syrie, Bachar al-Assad, à gauche, en 2019. Photo : Khamenei.ir / CC BY-SA 4.0

Mouvement social en Iran : l’ayatollah Ali Khamenei est-il sur le départ pour Moscou ?

Création : 7 janvier 2026

Auteur : Nicolas Turcev, journaliste

Relecteur : Etienne Merle, journaliste

Liens d’intérêts ou fonctions politiques déclarés des intervenants à l’article : aucun

Secrétariat de rédaction : Nicolas Turcev, journaliste

Source : Compte Facebook, le 5 janvier 2026

Une information du Times selon laquelle le guide suprême iranien dispose d’un plan pour fuir le pays est interprétée hâtivement comme le signe de son départ imminent.

L’Iran bientôt privé de son leader ? Alors que Téhéran durcit la répression contre le mouvement contre la vie chère qui a éclaté en décembre 2025, plusieurs publications laissent entendre que l’ayatollah Ali Khamenei serait sur le départ. De quoi faire dire à un internaute que « la république islamique est officiellement en train de s’effondrer ».

Au dixième jour de la contestation, qui a débuté par le ras-le-bol des commerçants contre l’inflation et s’est étendue à des revendications politiques, la mobilisation ne montre en effet pas de signe de faiblesse, d’après le recensement des blocages et manifestations effectué par l’ONG Hrana. Si bien que certains analystes pronostiquent un possible effondrement du régime « de l’intérieur ».

Mais à ce stade, l’annonce de la fuite du guide suprême est encore hâtive. L’information provient d’un article du Times. Le magazine états-unien, qui a eu accès à un document issu d’un service de renseignements, rapporte qu’Ali Khamenei aurait élaboré un plan pour quitter l’Iran et se réfugier à Moscou.

Si sa fuite devait avoir lieu, l’ayatollah serait accompagné par un cercle d’une vingtaine de proches, « dont son fils et héritier putatif, Motjaba », affirme le Times. Le plan aurait été conçu à partir du départ précipité de l’ancien dictateur syrien, Bachar al-Assad, qui s’est exilé à Moscou après la percée spectaculaire des forces rebelles, en décembre 2024.

Un départ conditionné

Toutefois, note le Times, « le plan [ne] sera activé [que] si Khamenei sent que ses forces de sécurité ne suivent pas les ordres », ou qu’elles ne parviennent pas à « contenir les manifestations ». Un scénario qui semble s’éloigner, alors que l’appareil sécuritaire iranien intensifie son déploiement et que le bilan des heurts s’alourdit.

Au 6 janvier 2025, les affrontements entre police et manifestants auraient fait 36 morts, dont 34 civils et deux membres des forces de l’ordre, selon l’ONG Hrana. La structure basée aux États-Unis affirme également que des gaz lacrymogènes auraient été utilisés dans un hôpital dans lequel sont traités des manifestants.

En résumé, s’il est vrai que le Times a révélé l’existence d’un plan visant à préparer la fuite d’Ali Khamenei vers Moscou, celui-ci ne serait activé que si l’appareil sécuritaire iranien s’effondrait. Et aucun article de presse ne rapporte, à cette date, la fuite actuelle ou imminente du leader de la république islamique.