En lien :
David Cormand
à propos de l’évacuation à Notre-Dame-des-Landes :
Il ne s’agit pas de faire respecter le droit, mais de combattre une idée.
David Cormand, Secrétaire national EELV, ne conteste pas la légalité de l’opération d’évacuation de la ZAD, mais son but qui serait d’ordre idéologique : combattre toute forme d’agriculture et d’économie alternatives susceptibles de s’installer sur le territoire français. Il est incontestable que l’État semble résolu à en finir avec le système qui tente de s’enraciner dans cette portion de territoire de Notre-Dame-des-Landes. Mais il n’a pas le choix.
Les territoires expropriés en vue de construire un aéroport avaient été affectés à une infrastructure de service public, dédiée au transport aérien. Dès lors que ce projet d’infrastructure est abandonné, l’État n’a d’autre choix que de rétrocéder les terrains expropriés à leurs anciens propriétaires, s’ils le demandent. Le code de l’expropriation (art. L421-1) est clair : « si les (biens) expropriés n’ont pas reçu, dans le délai de cinq ans à compter de l’ordonnance d’expropriation, la destination prévue ou ont cessé de recevoir cette destination, les anciens propriétaires (…) peuvent en demander la rétrocession pendant un délai de trente ans ». Sur les dizaines de propriétaires expropriés, nul doute que certains demanderont la rétrocession. Or il n’est pas possible de leur restituer un terrain squatté. C’est donc le respect du droit de propriété que l’État, en intervenant, fait respecter. Il est tenu de le faire, surtout si les anciens propriétaires en viennent à saisir le juge pour récupérer leur terrain. L’État est même tenu de remettre le terrain en état, sauf à indemniser les propriétaires.
Pour mettre en œuvre l’ « idée » que soutient David Cormand, l’État aurait eu deux solutions, bien fragiles : soit ne pas rétrocéder les terrains à leurs anciens propriétaires et laisser les occupants installer une agriculture alternative, et cela en invoquant le risque de trouble à l’ordre public si la police tente de les déloger. Ce type d’argument a pu fonctionner devant le juge, face à des risques de troubles de type insurrectionnel, ou pour des raisons humanitaires (refus d’expulser des occupants qui se retrouveraient à la rue). Nous ne sommes pas ici dans une telle hypothèse. Ensuite, l’État pourrait prononcer une nouvelle déclaration d’utilité publique (art. L421-1), c’est-à-dire qu’il maintiendrait l’expropriation, non plus pour un aéroport, mais pour un autre projet mené par les « zadistes » et leurs soutiens. Mais l’utilité publique, en droit, vise toujours des projets d’infrastructures collectives ou des équipements industriels et commerciaux tendant au développement économique. Il faudrait alors revoir la notion même d’utilité publique. Pourquoi pas ?
Donc
Lorsque l’État évacue des occupants illégaux, ce n’est pas par choix mais pour l’exécution de la loi ou de décisions de justice et c’est obligatoire. – Jean-Paul Markus










































